Une recrudescence des infections à méningocoque a été observée ces derniers mois en France.
Deux hypothèses sont avancées par Santé publique France pour expliquer cette hausse.
Des appels à la vaccination ont été lancés dans plusieurs départements pour contrer ces épidémies.

En pleine semaine européenne de la vaccination, l'alerte des autorités sanitaires trouve un écho particulier. Dans son dernier point épidémiologique, Santé publique France écrit qu'"une recrudescence des infections invasives à méningocoque a été observée au cours de la saison 2022/2023", après plus de deux années "de faible incidence pendant la pandémie de COVID-19".

L'augmentation est telle que les chiffres dépassent ceux observés avant la crise sanitaire. En témoignent les graphiques publiés par l'agence nationale de santé publique montrant la courbe des infections de 2022/2023 au-dessus de celles des années précédentes, avec notamment un pic d'infections sur la fin 2022. À titre de repère, plus de 80 cas ont été dénombrés dans l'Hexagone rien qu’en décembre 2022, tandis que le nombre d’infections continue d’augmenter en 2023. Or, la couverture vaccinale ne suffit pas à elle seule à expliquer cette hausse. Deux autres hypothèses sont avancées.

Deux hypothèses pour expliquer cette hausse

La première est attribuée à un effet direct du Covid-19. Pour Santé publique France, cette hausse n’est en effet "pas un phénomène inattendu, après deux années de faible circulation des méningocoques" en raison des mesures liées aux gestes barrières et à la distanciation sociale. Le risque d’infection plus élevé pourrait ainsi "résulter d’une immunité diminuée dans la population ayant été moins exposée aux méningocoques entre 2020 et 2022".

La seconde est imputable à l'ampleur des épidémies d'infections virales saisonnières observée ces derniers mois. Selon l'agence de santé publique, cette "saison plus marquée" notamment par les infections liées à la grippe ou au VRS (virus respiratoire syncytial) fragilisant les organismes, serait à l'origine d'"un risque d’infection invasive bactérienne" accru pouvant expliquer cette hausse des infections invasives à méningocoque (IMM).

La vaccination pour contrer la tendance

Pour rappel, "les méningocoques sont des bactéries qui peuvent provoquer des maladies très graves comme les méningites ou les septicémies, qui peuvent être mortelles ou laisser des séquelles importantes", détaille le ministère de la Santé sur son site. Or, "ce sont des bactéries normalement présentes dans la gorge et le nez de nombreuses personnes" qui "peuvent se transmettre par voie aérienne ou par la salive" par le biais d'une transmission "interhumaine" nécessitant "un contact proche (moins de 1 mètre) et prolongé".

À noter, qu'il existe plusieurs types de méningocoques, les plus fréquents en France étant les méningocoques de groupe B, C, W et Y.

"Le rebond observé en 2022-2023 rappelle l’importance de la vaccination des nourrissons pour les protéger contre les infections liées aux sérogroupes B et C", relevait Santé publique France dans son dernier bulletin épidémiologique à la veille de la semaine européenne de la vaccination. Pour rappel, à ce jour, seule la vaccination contre le méningocoque C est obligatoire jusqu’à 2 ans pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Désormais, une dose de vaccin est également recommandée chez le nourrisson de cinq mois puis à 12 mois contre le méningocoque B selon le schéma suivant : une première dose à 3 mois, une deuxième à 5 mois, et une dose de rappel à 12 mois.

Les ARS Grand Est et Auvergne Rhône-Alpes en alerte

Si la vaccination a permis d'éradiquer quasiment les méningocoques C, les méningocoques B restent la première cause d’IMM responsable de la méningite aiguë, chez les enfants, comme en témoigne l'exemple de la région Auvergne Rhône-Alpes où 84 cas liés à un nouveau variant ont été déclarés sur le seul mois de décembre 2022. Dans ce contexte, alors que depuis décembre, le nombre de contaminations reste élevé et bien supérieur aux niveaux observés sur les mois de janvier, février et mars pré-pandémiques, l’ARS a lancé une campagne de vaccination contre le méningocoque B pour les 0-2 ans et 16-24 ans. L'Alsace, où les cas repérés cet hiver étaient également concentrés, a elle aussi déjà appelé sa population à se vacciner contre la méningite pour éviter des épidémies. 

Ceux de type W (qui touchent adolescents et jeunes enfants) et Y (qui touchent les adultes plus âgés) sont également en train de remonter alors qu’ils étaient tombés à des taux d’incidence très bas.

Si le traitement prescrit varie selon le type de méningite développé, il faut quoi qu'il en soit le "débuter très rapidement", souligne l'Assurance-maladie. Les deux symptômes qui doivent alerter sont "une fièvre élevée mal tolérée et/ou une ou plusieurs taches rouges ou violacées d’apparition rapide (purpura)", précise le ministère de la Santé, rappelant qu'au "moindre doute, il faut contacter en urgence le 15 ou son médecin traitant."


Audrey LE GUELLEC

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