Métro parisien : une association alerte sur le niveau de pollution aux particules fines

S. Mastrandreas
Publié le 16 juin 2022 à 16h25

Source : JT 20h WE

La pollution aux particules fines dépasserait jusqu'à dix fois les valeurs de l'air extérieur, alerte l'association Respire dans une étude.
L'association appelle à légiférer sur la qualité de l'air intérieur.

Des niveaux "particulièrement élevés et alarmants". Aux abords des bouches d'aération du métro parisien, la pollution aux particules fines est "deux fois plus élevée que dans l'air extérieur urbain", s'inquiète l'association Respire dans un rapport publié ce jeudi. Ces dépassements atteignent "même parfois jusqu'à dix fois les valeurs de l'air extérieur, sur certaines tailles de particules", précise l'organisme. 

La source de cette pollution ? "L'usure des matériaux due au freinage des rames, le contact entre le matériel roulant et la voie ferrée, ou encore la remise en suspension des poussières du fait de la circulation des rames", déroule l'association dans son étude, qui a analysé 18 bouches d'aération de métro de la capitale, entre octobre 2021 et mai 2022.  Des prélèvements ont été réalisés au-dessus des bouches puis dans l'air ambiant "à quelques dizaines de mètres de la bouche" afin de comparer la présence de ces particules fines.

Appel à légiférer sur la qualité de l'air intérieur

L'association réclame la mise en place de plusieurs dispositifs pour faire face à ce danger. Elle demande d'informer et alerter la population sur cette pollution, en restreignant notamment l'accès aux bouches d'aération. L'organisme préconise également un renforcement des politiques de réduction des émissions et des niveaux de concentrations des particules en suspension dans l'air au sein des enceintes ferroviaires souterraines ; une définition des seuils limites d'exposition aux particules dans l'air et la réalisation d'une étude nationale sur les effets sanitaire de l'exposition de courte durée à la pollution particulaire. "Il est temps de légiférer sur la pollution de l’air intérieur issue du transport ferroviaire pour protéger la population !" résume Tony Renucci, directeur général de Respire.  

Des recommandations partagées en partie par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui recommandait, début juin, de renforcer urgemment la qualité de l'air dans les souterrains des transports publics où les concentrations des particules fines dans les enceintes ferroviaires est "trois fois plus élevé que dans l'air extérieur". Des niveaux bien plus élevés que les seuils fixés par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), dans sept agglomérations françaises, Lille, Lyon, Marseille, Paris, Rennes, Rouen et Toulouse. 


S. Mastrandreas

Tout
TF1 Info