La France Insoumise a présenté un plan d'urgence pour l'enfance en cette rentrée.
La députée Danièle Obono note à cette occasion que 2700 bébés par an décèdent en France avant d'avoir un an.
Un chiffre attesté par les rapports des autorités de santé, plusieurs causes possibles étant avancées pour l'expliquer.

"Un pays qui laisse mourir et abandonne ses enfants condamne son futur", lance en cette rentrée avec véhémence la députée LFI Danièle Obono. Avec son parti, elle soutient 19 propositions constituant un vaste "plan d'urgence" pour l'enfance. Afin d'insister sur la nécessité de réformes majeures, l'élue glisse une série de chiffres et souligne par exemple que l'on déplore chaque année "2700 enfants morts avant leur 1ᵉʳ anniversaire". Une mortalité infantile avérée et que les spécialistes tentent d'expliquer.

Une majorité de décès dès la première semaine de vie

En juin dernier, l'Insee expliquait que "depuis 2015, la mortalité infantile en France" était devenue "supérieure à la moyenne européenne". Des données de 2021 ont été analysées, montrant que "2700 enfants de moins d’un an" étaient décédés cette année-là. "Soit 3,7 décès pour 1000 naissances vivantes", précise l'institut de la statistique. "Bien qu’historiquement bas, ce taux ne baisse plus depuis 2005. Il a même légèrement augmenté entre 2014 et 2017, en particulier en ce qui concerne la mortalité dans les premiers jours de la vie." Le chiffre avancé par Danièle Obono est donc récent et attesté par des sources institutionnelles.

Toujours grâce à l'Insee, on apprend que "la moitié des enfants décédés avant leur premier anniversaire en 2021 ont vécu moins d’une semaine". Un quart perd la vie entre 7 et 27 jours, et les 25% restants après 27 jours de vie. 

Les travaux des spécialistes, mis en avant dans l'étude de l'Insee, nous permettent de mieux esquisser les causes de décès chez ces bébés. "La hausse de la mortalité néonatale", lit-on, "peut être due aux progrès de la médecine néonatale qui permet aux grands prématurés, qui seraient autrefois mort-nés, et donc non comptabilisés dans les naissances vivantes, de survivre pendant quelques heures ou quelques jours après la naissance". Dans le même temps, "il est également possible que la hausse de l’âge des femmes à la maternité se traduise par un risque de mortalité néonatale accru, du fait de l’augmentation de la part des naissances à risque". 

Selon les experts, la précarité constitue un facteur de risque supplémentaire pour les nouveaux-nés et leurs parents. Ils mettent en garde contre "la proportion de sans-abris parmi les femmes qui accouchent", à la hausse selon leurs observations. Et ce, "particulièrement en Île-de-France". À ces facteurs s'ajoute "une augmentation importante entre 2014 et 2018 du nombre de femmes ayant choisi de poursuivre leur grossesse malgré la connaissance d’une pathologie grave du fœtus", comme l'a expliqué une étude de la Drees.

Si des données manquent encore pour mieux analyser la mortalité infantile et ses causes, le pédiatre et président de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) Andreas Werner estime que des facteurs de danger sont toutefois connus. À L'Express, il explique ainsi que "le développement de l’obésité et du tabagisme chez la mère entraînent un risque de décès prématuré plus élevé chez les enfants". Une remarque qui fait écho aux observations de l'Insee : l'organisme public note que "si les femmes enceintes fument moins qu’il y a vingt ans, la France reste un pays où la prévalence de tabagisme maternel est forte".

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Thomas DESZPOT

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