Variole du singe : épidémie record en République démocratique du Congo, l'OMS craint une propagation mondiale

par A. LG avec AFP
Publié le 27 novembre 2023 à 12h56

Source : JT 13h WE

Près de 600 décès dus au virus monkeypox ont été rapportés depuis janvier en République démocratique du Congo.
Plus de 12000 cas d'infections ont été recensés au total, soit l'épidémie la plus importante que le pays ait jamais connue.
Pour l'OMS, "le risque de propagation aux pays voisins et dans le monde entier semble important".

Les chiffres sont éloquents. Alors que l'OMS avait levé en mai dernier l'alerte sur la variole du singe, tout en appelant à rester vigilant, de nouvelles statistiques font état d'un nombre annuel d'infections record en République démocratique du Congo. L'OMS a ainsi rapporté samedi dans le pays 12.569 cas suspects de monkeypox (ou mpox), aussi appelée "variole du singe", dont 581 décès, de janvier au 12 novembre. 

"Il s'agit du nombre de cas le plus élevé jamais signalé pour une année, certains dans des zones géographiques qui n'avaient jamais fait état de cas de mpox auparavant, y compris à Kinshasa, Lualaba et le Sud-Kivu", souligne un rapport de situation de l'Organisation mondiale de la Santé.

"Risque de propagation important"

Inquiète face à de nouvelles caractéristiques de transmission par voie sexuelle du variant I du virus, l'OMS mène actuellement une mission conjointe avec le ministère de la Santé de RDC "pour évaluer la situation". "Ces nouvelles caractéristiques de transmission par voie sexuelle (du clade I, ndlr) font désormais naître des préoccupations supplémentaires quant à la rapide expansion continue de l'épidémie dans le pays", ajoute-t-elle jugeant que "le risque de propagation du mpox aux pays voisins et dans le monde entier semble important". 

Pour l'heure, un total de 91.788 cas de mpox confirmés en laboratoire, dont 167 décès, ont été déclarés dans 116 pays et territoires de janvier 2022 au 31 octobre 2023, selon l'OMS.

Il existe deux clades connus du mpox : le clade I et le clade II, autrefois appelés clades du bassin du Congo et de l'Afrique de l'Ouest. Selon l'OMS, la RDC n'a pas signalé de cas liés au clade IIb pendant l'épidémie mondiale, seul le clade I ayant été détecté dans le pays. Et jusqu'en avril dernier, aucun cas documenté de transmission sexuelle du clade I n'avait été enregistré à l'échelle mondiale.

Flambée de cas en mai 2022

Pour rappel, en avril dernier, un premier foyer épidémique de cas suspects de clade I de mpox transmis sexuellement a été identifié à Kenge (environ 260 km à l'est de Kinshasa). Un an plus tôt, en mai 2022, des flambées de mpox avaient été constatées, en Europe et aux Etats-Unis, en dehors de la dizaine de pays d'Afrique centrale et de l'ouest où la maladie est depuis longtemps endémique, poussant l'OMS à déclarer le niveau d'alerte maximale le 23 juillet 2022. 

Cette épidémie (entraînée par le clade IIb du virus) s'est propagée avant tout du fait de la transmission par contact sexuel parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. La transmission peut aussi s'opérer par le biais d'objets contaminés notamment.

La maladie - signalée pour la première fois chez l'homme en 1970 en RDC - se caractérise par des éruptions cutanées, qui peuvent apparaître sur les organes génitaux ou dans la bouche, et peut s'accompagner de poussées de fièvres, de maux de gorge ou de douleurs au niveau des ganglions lymphatiques.


A. LG avec AFP

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