La France fait-elle les bons choix face au virus ?

"On est prêts à courir un marathon" : avec le sérum AstraZeneca, les pharmaciens prêts à vacciner à tout-va

Audrey LE GUELLEC
Publié le 2 février 2021 à 19h27, mis à jour le 2 février 2021 à 23h55
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

COUP DE BOOST - Le vaccin AstraZeneca pourra être administré dans les officines a confirmé ce mardi la Haute autorité de santé. Une bonne nouvelle pour les concernés qui attendent avec impatience d'être mobilisés depuis le lancement de la campagne vaccinale.

De l'avis des intéressés, c'est la garantie d'un nouvel élan dans la campagne de vaccination anti-Covid-19 qui plafonne en France. La Haute autorité de santé (HAS) a confirmé ce mardi que le vaccin AstraZeneca pourra être administré par les pharmaciens. Plus tôt, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, avait déjà ouvert la voie, tout comme le professeur Alain Fischer, président du comité pilotant la campagne de vaccination.

"Ils vont pouvoir vacciner, évidemment, parce qu'on a besoin d'eux, parce qu'on a un maillage d'officines sur notre territoire qui est extrêmement dense", avait déclaré le premier dès lundi soir dans l'émission "C à vous" sur France 5, expliquant que, contrairement aux vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna, les conditions de conservation du sérum du groupe pharmaceutique anglo-suédois permettent une vaccination en officine. Une satisfaction pour la profession qui demande à être mobilisée depuis le lancement de la campagne vaccinale.

"Une bonne nouvelle pour les patients"

"Je pense que si j'avais eu 200 vaccins dans mon frigo, ils seraient écoulés depuis une semaine déjà", se réjouit Pierre-Olivier Variot vice-président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine évoquant une "bonne nouvelle pour les pharmaciens mais surtout pour les patients" qui témoignent de plus en plus leur impatience en officine. Selon lui, tout porte à croire, "que ça soit les récentes études, ou les chiffres de la vaccination contre la grippe (...) que faciliter l'accès à la vaccination aide les patients à y adhérer".

Pour rappel, le point fort du vaccin d’AstraZeneca est qu'il est facile à stocker puisqu’il se conserve à la température d’un réfrigérateur, soit entre deux et huit degrés Celsius, contrairement aux produits Pfizer et Moderna. "Cela va nous faciliter la vie", reconnait encore Pierre-Olivier Variot qui reste néanmoins "persuadé" que les pharmaciens auraient pu être mobilisés plus tôt dans la campagne pour administrer les deux premiers vaccins disponibles et qui ne "désespère pas" que ça soit le cas dans un second temps. "On nous met en ordre de marche avec l'AstraZeneca  mais si on se met à avoir beaucoup de doses et quand l'approvisionnement sera beaucoup plus fluide, on est prêts à courir un marathon", illustre-t-il, évoquant des professionnels "rodés".

"2 millions de personnes par semaine"

En pratique, le représentant de l'Union des syndicats de pharmaciens présage une organisation à mi-chemin entre ce qui est déjà mis en œuvre dans les officines de France pour la vaccination contre la grippe et ce qui est également pratiqué depuis plusieurs mois avec les tests antigéniques, souvent réalisés sur rendez-vous. "Ce que l'on ne sait pas par contre, c'est si l'on va pouvoir déconditionner les boites de 10", souligne Pierre-Olivier Variot qui propose le cas échéant "un roulement pharmacie par pharmacie", pour éviter le gaspillage. 

"Il y a 18 000 pharmacies qui vaccinent déjà des patients [contre la grippe saisonnière], avec tout ce qu’il faut pour faire la vaccination", rappelle de son côté pour franceinfo Philippe Besset,  président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) soulignant qu’on "a été capable de vacciner 10 millions de personnes en deux mois". Selon lui, plus de "2 millions de personnes par semaine" peuvent être vaccinées dans les officines. Et d'ajouter : "les centres c’était super pour commencer, et il fallait commencer en janvier. Mais la vraie vaccination de masse se fera par les soignants en proximité".  Si "les centres de vaccination ont leur intérêt" car "ils permettent de vacciner un grand nombre de personnes rapidement", Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil de l'Ordre, note quant à elle "des trous dans la raquette", "des difficultés d'accès à la prise de rendez-vous, des difficultés d'accès physique aux centres". 

"Infuser au plus profond du territoire"

Jeudi dernier, le Conseil de l'Ordre, encore dans l'attente d'une feu vert officiel, avait demandé à ce que les pharmaciens vaccinent contre le Covid-19 "le plus rapidement possible, même s'il n'y a pas beaucoup de doses" disponibles pour "infuser" "au plus profond du territoire". Lors d'un point de presse en visioconférence, Carine Wolf-Thal, avait estimé qu'"on peut se féliciter du grand nombre de personnes vaccinées aujourd'hui mais le problème c'est que l'on ne cible pas encore assez la population cible, les personnes âgées de plus de 75 ans". 

Et de poursuivre : "la seule façon d'y arriver (est) de passer par le réseau de ville et le trépied médecin, infirmier, pharmacien". Convaincue elle aussi que "ça pourrait également être jouable avec les vaccins Pfizer et Moderna", elle avait alors expliqué que ces deux derniers "se conservent cinq jours dans un frigo normal". En décomptant "les temps de transport et d'arrivée à l'officine, il reste encore 2/3 jours où ces vaccins pourraient être utilisés en ville par l'ensemble des professionnels de santé".

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Interrogée sur la présence d'un médecin à l'officine lors de l'injection, cette dernière avait reconnu que "ça paraissait compliqué" mais que "les pharmaciens étaient des professionnels de santé formés à la prise en charge d'un choc anaphylactique", notamment.


Audrey LE GUELLEC

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