Oui, l’hypertension artérielle peut provoquer l’Alzheimer

Le service METRONEWS
Publié le 17 décembre 2014 à 18h21
Oui, l’hypertension artérielle peut provoquer l’Alzheimer

PRÉVENTION - A l’occasion de la Journée nationale de lutte contre l’hypertension artérielle, jeudi 18 décembre, le Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA) rappelle les conséquences de la maladie pour l’état du cerveau et sur la mémoire. Il recommande un dépistage précoce pour être mieux pris en charge et mieux en limiter les dégâts.

En France – et dans le monde –, l’hypertension artérielle est la principale maladie chronique, avec plus de 11,4 millions de personnes sous traitement, soit 30% des Français âgés de 35 ans et plus, et deux tiers des plus de 60 ans, selon le Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle (CFLHTA) . C’est également la première source de consultations médicales, avec plus de 41 millions de consultations annuelles. Mais, contrairement à ce que l’on pense, "ce n’est pas une pathologie du stress, mais une maladie cardiovasculaire" explique le professeur Xavier Girerd, cardiologue au CHU de la Pitié-Salpêtrière.

"L’hypertension, ce sont des artères dysfonctionnelles qui peuvent se boucher sous l’effet d’autres facteurs de risque [ndlr, diabète, hypercholestérolémie, surpoids ou encore tabagisme]", poursuit le trésorier du CFLHTA. Ce qui en fait une pathologie multifactorielle. "Elle agit comme un vieillissement accéléré des artères", ajoute le docteur Bernard Vaïsse, cardiologue et président du comité. L’une de ses conséquences est d’ailleurs l’augmentation des risques de survenue d’un accident vasculaire cérébral (AVC) chez les hypertendus, avec plus de 130.000 AVC en France chaque année. Mais ses conséquences sur la mémoire ne sont pas non plus inexistantes.

"Quand l’hypertension fait perdre la tête"

A l’occasion de sa journée nationale de lutte contre l’hypertension artérielle, jeudi 18 décembre, le comité qui pilote la lutte contre la maladie a donc choisi cette année d’axer sa campagne sur les conséquences de la pathologie sur la mémoire et la prévention. Car l’hypertension artérielle, cumulées aux facteurs ci-dessus, est bien un facteur de risque des troubles de la mémoire, confirment à metronews les deux cardiologues. "Pour les personnes traitées pour hypertension artérielle, quand on regarde par IRM, on peut observer des petits infarctus silencieux qui dégradent le cerveau. L’hypertension artérielle est donc bien un facteur de risque", décrypte le docteur Bernard Vaïsse.

Les résultats de l’étude FLAHS 2014, baromètre de l’hypertension en France réalisé par Kantar Health à la demande du CFLHTA, vient d’ailleurs confirmer la corrélation. Ils indiquent notamment que "11% de la population [ndlr, hypertendue sous traitement] âgée de 35 ans ou plus présentent un trouble de la mémoire qui justifierait un bilan", que "le trouble de mémoire est observé chez 21% des sujets de plus de 75 ans", que, "chez les sujets ayant fait un AVC, le trouble de mémoire est noté chez 34% des sujets" et enfin que, "chez les sujets ayant un bon contrôle de leur pression artérielle à leur domicile, on note 30% de moins de troubles de la mémoire que chez les sujets dont la pression artérielle est élevée", selon le communiqué du Comité français de lutte contre l’hypertension artérielle.

Un chiffre : le risque de développer la maladie d’Alzheimer augmente de 60% en présence d’hypertension artérielle entre 35 et 60 ans. Et l’étude FLAHS 2014 s’en fait l’écho : "Un trouble de la mémoire qui justifierait un bilan est présent parmi 19% ayant eu un antécédent familial de maladie d’Alzheimer, et 24% des personnes ayant eu une maladie cardiovasculaire."

Des solutions : améliorer la prise en charge et le traitement

Alors faut-il être pessimiste ? Les deux cardiologues soulignent qu’il n’y pas de fatalité si la maladie est prise en charge. "En traitant l’hypertension, on peut stopper les choses et retarder l’échéance", relève le professeur Bernard Vaïsse. "Si on soigne l’hypertension autour de la cinquantaine, longtemps avant, on peut en limiter les dégâts", affirme de son côté Xavier Girerd. Mais, pour être traité, autant être dépisté en amont en faisant vérifier sa pression artérielle par son médecin traitant, la médecine du travail ou en auto-mesure en utilisant la règle des trois (trois mesures consécutives le matin et le soir, trois jours de suite, une fois par mois).

EN SAVOIR + >> Trois conseils pour prévenir l’hypertension artérielle

Quelques pistes sont avancées par les médecins pour faire baisser la tension au-delà du traitement. D’abord "diminuer le sel alimentaire de moitié, de 12 grammes à 6 grammes par jour en moyenne", recommande le président du CFLHTA. Ensuite éviter de prendre du poids et faire du sport à raison d’une à deux fois par semaine. "C’est utile, même si cela ne solutionne pas tout", conclut le Docteur Bernard Vaïsse. Alors pour éviter de perdre la mémoire, faites-vous contrôler !

EN SAVOIR + >> L'hypertension artérielle sévère ne sera plus remboursée à 100%


Le service METRONEWS

Tout
TF1 Info