"Il n'y pas de raison de rétablir des contrôles particuliers aux frontières", selon Brigitte Autran.
Alors que la Chine, où l'épidémie flambe, rouvre ses frontières, la présidente du Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars) se veut rassurante.
À ce stade, aucun signe de nouveau variant n'est décelé, a-t-elle affirmé sur Radio Classique.

Un avis qui peut changer "d'un jour à l'autre". Contrairement à l'Italie, au Japon ou aux États-Unis, la France ne doit pas "pour l'instant" rétablir des contrôles sanitaires anti-Covid à ses frontières, estime le Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars). Une prise de position temporaire, alors que la Chine, qui connaît une flambée épidémique sans précédent depuis l'abandon de sa politique "zéro-Covid", se rouvre au monde, faisant craindre l'émergence de nouveaux variants. 

"Sur le plan scientifique, il n'y a pas à ce jour de raison de rétablir des contrôles particuliers aux frontières (...) mais bien sûr cela peut changer quasiment d'un jour à l'autre", a déclaré Brigitte Autran, la présidente du Covars, sur Radio classique ce jeudi 29 décembre, au lendemain de l'appel d'Emmanuel Macron à son gouvernement à prendre des "mesures adaptées" de protection des Français. À ce stade, "la situation est maîtrisée" et les "informations scientifiques dont nous disposons ne signalent pas l'apparition de nouveaux variants préoccupants en Chine", a-t-elle poursuivi. 

Mêmes variants en Chine et en Europe

 "Les variants qui circulent en Chine sont tous de la famille Omicron et sont tous des variants qui ont circulé en France, donc (contre lesquels) nous avons acquis une immunité", a précisé plus tard dans la matinée Brigitte Autran, sur France inter. "Les variants qui circulent en Chine sont les mêmes que ceux qui circulent en Europe", a rassuré de son côté, sur Franceinfo, Bruno Lina, membre du Covars. 

Le virologue a toutefois pointé la nécessité de transparence de la part des autorités chinoises sur le nombre de cas et de variants qui circulent dans le pays. S'il n'y a, en effet, pas "d'inquiétude particulière", comme l'assure Brigitte Autran, les informations en provenance de Chine restent "parcellaires", a reconnu la spécialiste sur France inter. Cette dernière a par ailleurs souligné que "le dépistage aux frontières n'a jamais empêché un virus de pénétrer" dans un territoire et une telle mesure n'aurait de sens qu'à l'échelle européenne. 

Ce jeudi, la Commission européenne réunit les ministères de la Santé des Vingt-Sept et des agences sanitaires européennes afin de discuter d'éventuelles mesures dans le cadre d'une approche coordonnée au niveau européen.

Le même jour, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a estimé "injustifiée" l'introduction d'un dépistage obligatoire du Covid-19 au sein de l'Union européenne pour les voyageurs arrivant de Chine. Les pays de l'UE "ont des niveaux d'immunisation et de vaccination relativement élevés" et les "variants circulant en Chine circulent déjà dans l'UE", affirme l'ECDC dans un communiqué, expliquant qu'une telle mesure n'est pas nécessaire au niveau de l'Union européenne dans son ensemble. Pour l'agence européenne, "les infections potentielles" pouvant être importées sont "plutôt faibles" par rapport au nombre d'infections circulant déjà au quotidien. Les systèmes de santé "sont aujourd'hui capables de gérer" la maladie, a-t-elle ajouté.


S.M

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