Papillomavirus : tout ce qu'il faut savoir sur la vaccination des collégiens

Publié le 5 octobre 2023 à 13h57

Source : JT 20h Semaine

Une campagne nationale de vaccination contre les papillomavirus humains (HPV) a débuté dans les collèges.
La vaccination en ville, pas intégralement prise en charge par l'Assurance maladie, se poursuit en parallèle.
Le point sur ce qu'il faut savoir.

Faciliter l'accès à la vaccination et réduire ainsi les inégalités d'accès sociales et territoriales. C'est l'objectif du gouvernement qui a lancé ce lundi 2 octobre, dans quelques régions, une campagne de vaccination en milieu scolaire contre les papillomavirus humains (HPV). Promise en début d'année par le président Emmanuel Macron, cette dernière vise à atteindre un taux de couverture vaccinale de 80% chez les adolescents d'ici à 2030, alors que moins de la moitié sont aujourd'hui vaccinés en France, l'un des taux les plus faibles d'Europe. La vaccination en ville se poursuit en parallèle. 

Hautement contagieux, les HPV sont responsables de plus de 6000 nouveaux cas de cancer chaque année dans l'Hexagone, le plus souvent du col de l'utérus, qui provoquent 1100 décès par an, de la vulve ou du vagin, mais aussi de la sphère ORL, de l'anus ou encore du pénis. Or, ces cancers seraient totalement éliminables grâce au dépistage et à la vaccination, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Public éligible, prise en charge, efficacité… Le point sur ce qu'il faut savoir sur la vaccination anti-HPV.

Qui est concerné ?

La campagne de vaccination anti-HPV entamée lundi en milieu scolaire s'adresse, à terme, à tous les élèves de 5e, filles comme garçons, âgés de 11 à 14 ans. Elle a débuté dans les collèges publics et les collèges privés sous contrat volontaires de quelques régions, telles que la Nouvelle-Aquitaine ou la Normandie, avant d'être étendue à tout le territoire. À noter qu'elle est soumise au consentement des deux parents. 

Pour rappel, la vaccination contre les papillomavirus humains, longtemps réservée aux filles, puisqu'elle est recommandée chez ces dernières de 11 à 14 ans depuis 2007, a été élargie aux garçons du même âge en 2021. À titre de repère, fin 2022, 48% des filles et 13% des garçons de 15 ans avaient reçu au moins une dose de vaccin.

Où a lieu la vaccination ?

Dans le cadre de la campagne, la vaccination a lieu dans l'enceinte même de l'établissement et sur le temps scolaire, les injections étant effectuées par des équipes mobiles de soignants extérieurs. Si elle est proposée dans tous les collèges publics, cela n'est pas obligatoirement le cas dans les établissements privés sous contrat, qui doivent donc être volontaires. Certains principaux de collège, notamment du Sud-Ouest, ont déjà fait savoir qu'ils refusent de la lancer.

En dehors du cadre de cette campagne, et donc des collèges, il est toujours possible de se faire vacciner en ville. À noter sur ce point, que les médecins traitants ne sont plus les seuls à pouvoir prescrire et vacciner contre les HPV, des décrets publiés en août autorisant désormais les pharmaciens, infirmiers et sages-femmes étant désormais habilités à le faire concernant tous les vaccins inscrits au calendrier vaccinal des personnes de 11 ans et plus. 

Quelle prise en charge ?

Dans le cadre de cette campagne nationale, la vaccination est entièrement prise en charge par la Sécurité sociale. 

Et pour cause : le coût du vaccin, entre 95 et 116 euros, est jugé en partie responsable du faible taux de vaccination en France. Si, en dehors de la vaccination dans les collèges, il est pris en charge par l'Assurance maladie (65%) et les mutuelles complémentaires (reste à charge), l'avance des frais ou l'absence de mutuelle peuvent être un frein pour certaines familles.

Combien de doses pour quelle protection ?

Les collégiens vaccinés dans le cadre de cette campagne doivent recevoir une première dose cet automne ou cet hiver, et une seconde six mois plus tard, toujours dans leur collège et sur le temps scolaire. 

Lancé sur le marché dans les années 2000, le vaccin contre le HPV a depuis fait ses preuves contre l'infection par ces virus et, de manière de plus en plus avérée, contre le risque de déclarer un jour un cancer du col de l'utérus. Sa durée de protection n'est pas encore précisément connue mais il est d'autant plus efficace qu'il est administré avant la rencontre avec le virus à l'origine de l'infection, la protection étant proche de 100% dans ce cas, selon les autorités sanitaires. Après le début de la vie sexuelle, la protection est moindre, car le vaccin ne protège pas contre les infections antérieures à HPV. À noter également que la vaccination ne protège pas contre tous les types d'HPV. Chez la femme, il protège contre plusieurs souches d'HPV et notamment les types 16 et 18, à savoir les deux plus dangereux.

Des effets indésirables ?

Dans un contexte post-Covid où une défiance vaccinale persiste chez une partie des Français, l'agence du médicament a indiqué cette semaine qu'elle procéderait à une "surveillance renforcée" des éventuels effets secondaires de l'injection.

Pour autant, "les effets indésirables les plus fréquemment observés avec les vaccins Gardasil 9 ne sont pas graves dans la très grande majorité des cas et disparaissent spontanément en quelques jours, même s'ils peuvent être gênants", a noté l'ANSM, qui évoque des douleurs à l'endroit de la piqûre ou des maux de tête.


Audrey LE GUELLEC

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