Papillomavirus : pourquoi faire vacciner ses garçons ?

Publié le 28 février 2023 à 13h04

Source : TF1 Info

Emmanuel Macron doit "faire une annonce décisive pour éradiquer le papillomavirus" ce mardi.
Encore trop peu suivie en France, la vaccination contre les infections à HPV est aussi recommandée chez les garçons.
Les arguments en sa faveur sont multiples.

La déclaration intervient quatre jours avant la Journée mondiale de sensibilisation autour des maladies induites par les infections à HPV. Emmanuel Macron est attendu ce mardi à Jarnac, en Charente, où il doit "faire une annonce décisive pour éradiquer le papillomavirus", responsable de 30.000 lésions précancéreuses du col de l’utérus et de 6000 nouveaux cas de cancers chez la femme et l'homme, a annoncé l'Élysée. Dans le détail, les HPV sont responsables de 2900 cancers du col de l'utérus provoquant plus de 1000 décès par an, 1500 cancers de la sphère ORL, 1500 cancers de l'anus, 200 cancers de la vulve ou du vagin et une centaine de cancers du pénis. 

Or, ces cancers seraient totalement éliminables grâce au dépistage et à la vaccination selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Et contrairement à certaines idées reçues qui persistent, les garçons sont autant concernés que les filles : à la fois pour les protéger de certains cancers dus aux HPV et pour limiter la transmission aux filles.

Risque d'infection dès l'adolescence

"Le papillomavirus, c'est comme le rose, ce n'est pas que pour les filles", résume ainsi le slogan d'une campagne de prévention, soulignant que le risque d'infection existe dès l’adolescence et les premiers contacts intimes.

Recommandée en France chez les filles depuis 2007, la vaccination contre les infections à HPV l'est donc également chez les garçons depuis 2021. Deux ans plus tôt, la Haute autorité de santé (HAS) avait été saisie par le ministère, conduisant cette dernière, fin octobre 2019, à publier un "projet d'avis" favorable à une extension aux jeunes garçons, toutefois soumis à une consultation publique auprès des professionnels et associations concernés. Les gynécologues médicaux, par la (voix de la Fédération nationale des collèges de gynécologie médicale (FNCGM), s'étaient sans surprise eux aussi prononcés en faveur de cette extension. 

Mieux protéger et freiner la transmission

Dans son avis définitif, la HAS avait confirmé sa conclusion, estimant que "l'élargissement de la vaccination anti-HPV aux garçons permettrait (...) de freiner la transmission au sein de la population générale, et ainsi de mieux protéger les garçons et les hommes quelle que soit leur orientation sexuelle, mais aussi de mieux protéger les filles et les femmes non vaccinées".

À titre de repère, le taux de couverture vaccinale est actuellement en France de 37% pour les filles et 9% pour les garçons, alors que la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030 vise un objectif de 80% d'ici sept ans.

Des arguments éthiques

La HAS avait à l'époque également mis en avant des arguments éthiques d'"égalité d'accès à la vaccination", soulignant que "sur un sujet délicat à aborder, l'absence de distinction selon le sexe et l'orientation sexuelle est également un moyen de simplifier la proposition vaccinale pour les professionnels de santé, surtout à un âge où l'orientation sexuelle n'est pas encore connue ou affirmée".

Pour rappel, la vaccination est aujourd'hui recommandée pour les filles et les garçons entre 11 ans et 14 ans. Elle peut également être proposée en rattrapage jusqu'à l'âge de 19 ans et reste possible jusqu'à 26 ans pour les hommes qui ont des relations sexuelles avec les hommes.

Le dépistage à ne pas négliger

Si ces infections extrêmement fréquentes sont la plupart du temps bénignes elles peuvent donc persister et aboutir plusieurs années plus tard à un cancer. Dans ce contexte, le dépistage n'est pas à négliger non plus. Il vise à détecter des lésions précancéreuses et à les traiter avant qu'elles n'évoluent en cancer. Il permet également de détecter et traiter des cancers à un stade précoce.

Il doit être réalisé dans des intervalles de temps recommandés : tous les 3 ans entre 25 et 29 ans (après 2 tests réalisés à 1 an d'intervalle et dont les résultats sont normaux) et tous les 5 ans entre 30 et 65 ans.


Audrey LE GUELLEC

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