Urgences pédiatriques : les lits de réanimation saturés en Île-de-France

par N.K
Publié le 16 août 2023 à 16h28

Source : JT 20h WE

Le chef du Smur des Hauts-de-Seine a alerté, mardi, sur la saturation des services de réanimation pédiatriques en Île-de-France.
Un nourrisson souffrant d'une bronchiolite a notamment dû être transféré à Rouen, faute de lit disponible.

Des services de réanimation pédiatriques saturés en plein été. Voici le constat du chef de la structure mobile d'urgence et de réanimation (Smur) des Hauts-de-Seine. Gilles Jourdain a souhaité "lancer l'alerte" dans le Parisien ce mardi 15 août. Dans les colonnes du journal, le médecin affirme notamment que son équipe a été contrainte de transférer un nourrisson âgé de deux mois souffrant d'une bronchiolite à Rouen, en Normandie, dimanche, faute de lit disponible en réanimation pédiatrique en Île-de-France.

Manque de personnel

"Ne pas être capable de garder 'nos' enfants en Île-de-France à cette période de l'année est très inquiétant", affirme le Dr Gilles Jourdain, qui souligne que la "situation est extrêmement tendue" depuis le début du mois d'août. "Les équipes ont fait trois fois le tour des places disponibles dans les cinq services d'Île-de-France ayant les compétences nécessaires pour ce type de soins. Rien, zéro lit", poursuit le chef du Smur 92, qui exclut un début précoce de l'épidémie de bronchiolite, dont le pic intervient traditionnellement en hiver. 

Le professionnel explique cette situation alarmante par "les tensions en personnels soignants". Celles-ci sont, selon lui, "si fortes que la situation dégradée de l'hiver perdure et se refait sentir dès l'été". "Les autorités semblent incapables d'apporter une solution", déplore-t-il.

Une "problématique très ponctuelle" selon l'ARS

Auprès du Parisien, Gilles Jourdain a assuré que 36 lits sur les 102 de réanimation et de soins continus pédiatriques manquaient en Île-de-France. D'après lui, les services de Necker (Paris 15e), Robert-Debré (Paris 19e) ou encore du Kremlin-Bicêtre (Paris 12e) n'ont plus aucune place de libre. De son côté, Azzedine Ayachi, coordonnateur de la Fédération SAMU-SMUR pédiatrique AP-HP, abonde et parle d'une "tension" qui dure "depuis plusieurs jours". "On a à peu près un tiers des lits qui sont fermés donc cela réduit considérablement l'offre de soins. Quand on se dit qu'aujourd'hui, en plein été, on n'a pas de place, qu'est-ce que ce sera quand l'épidémie [de bronchiolite] arrivera ?", s'interroge-t-il, cité par Franceinfo

Contactée par TF1 Info, l'Agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France confirme le transfert du nourrisson dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 août, "en raison d'une problématique très ponctuelle de disponibilité de lits en réanimation pédiatrique" à ce moment précis. "La situation est désormais revenue à la normale avec une augmentation des disponibilités de lits en réanimation pédiatrique en Île-de-France", assure l'agence. 

Des services d'urgence contraints de fermer

Si le manque de personnel se fait criant dans les services de réanimation pédiatriques d'Île-de-France, alors contraints de fermer des lits, d'autres services d'urgences pédiatriques sont quant à eux forcés de fermer ponctuellement. L'hôpital de Saintes, en Charente-Maritime, a par exemple dû clore son service jusqu'au 1er septembre, en raison d'un manque structurel de pédiatres depuis novembre 2022, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine

Globalement, c'est l'ensemble des services d'urgences qui font face à une situation "plus grave" que l'été 2022, selon Marc Noizet, président de Samu-Urgences de France. La raison ? "Elle touche dorénavant tous les départements" des "gros services et des petits services. L'été dernier, on avait des zones rouges", a souligné, sur Europe 1 mardi, celui qui est aussi chef du service d'urgences du groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud-Alsace.

Pour Marc Noizet, "la nouveauté est que des zones extrêmement touristiques (...) sont aujourd'hui en très, très grande précarité", citant Les Sables-d'Olonne (Vendée) ou Arcachon (Gironde) "où ils ont été obligés de mettre en place sur le parking devant l'hôpital une structure où les médecins font de la petite traumatologie pour alléger les urgences" ou encore Saint-Tropez (Var) "qui a failli fermer son service d'urgences".


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