Pénurie de médicaments : les signalements de ruptures de stocks en très forte hausse en 2023

par I.N avec AFP
Publié le 26 janvier 2024 à 18h00, mis à jour le 26 janvier 2024 à 22h37

Source : JT 13h Semaine

Les difficultés d'approvisionnement de médicaments ont bondi en 2023.
D'après l'Agence de sécurité sanitaire (ANSM), les signalements sur des ruptures de stocks ont été plus que doublés en deux ans.

Des chiffres toujours en hausse. Les difficultés d'approvisionnement de médicaments se sont encore aggravées en 2023 en France, frôlant les 5000 signalements de ruptures de stocks et risques de ruptures, selon un bilan de l'Agence de sécurité du médicament (ANSM) publié ce vendredi. Au total, elle a enregistré l'an dernier 4925 déclarations, contre 3761 en 2022, soit une progression de 30,9%. Ces signalements ont plus que doublé (+128%) par rapport aux 2160 signalements reçus en 2021.

Un même médicament peut faire l'objet de plusieurs signalements par les acteurs concernés par la distribution des produits au cours d'une même année, rappelle l'ANSM dans son communiqué. Si "toutes les classes de médicaments sont concernées", souligne l'Agence, "les médicaments cardio-vasculaires, les médicaments du système nerveux, les anti-infectieux et les anti-cancéreux sont plus particulièrement représentés".

"Amélioration progressive" pour l'amoxicilline

Le problème est récurrent depuis plusieurs années et touche de nombreux pays. Ses causes sont multiples : "difficultés survenues lors de la fabrication des matières premières ou des produits finis, défauts de qualité sur les médicaments, capacité de production insuffisante, morcellement des étapes de fabrication…", énumère l'ANSM. À cela s'ajoute l'augmentation des besoins en médicaments sur fond de vieillissement des populations.

Concernant l'antibiotique le plus courant, l'amoxicilline, l'ANSM constate "depuis quelques semaines, une amélioration progressive de l'approvisionnement" des pharmacies et des grossistes-répartiteurs "sur l'ensemble du territoire, en particulier sur les présentations pédiatriques". Les acteurs de la chaîne du médicament (industriels, dépositaires, grossistes-répartiteurs, pharmaciens d'officine et hospitaliers) sont néanmoins appelés à poursuivre leurs efforts et "anticiper dès à présent les approvisionnements pour garantir la couverture des besoins à l'issue de cette saison" hivernale.

Pour d'autres antibiotiques, "tels que l'azithromycine et le cefpodoxime pédiatrique", la situation s'est en revanche fragilisée et il a été également demandé aux industriels de libérer leurs stocks, ajoute l'ANSM. L'ensemble des acteurs se sont engagés cet automne sur une charte de bonnes pratiques pour partager leurs données sur les disponibilités des médicaments, sous l'égide de l'ANSM.


I.N avec AFP

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