Plus de la moitié de la population mondiale pourrait souffrir de surpoids ou d'obésité d'ici 2035

Publié le 3 mars 2023 à 11h07

Source : JT 13h Semaine

Un rapport de la Fédération mondiale de l'obésité alerte sur l'augmentation des risques liés au poids dans le monde.
Si la courbe ne s'inverse pas, plus de la moitié de la population mondiale sera en surpoids ou obèse d'ici 2035.
À l'heure actuelle, environ 2,6 milliards de personnes sont déjà dans cette situation à travers le monde.

Plus de 50% de l'humanité pourrait être en surpoids ou obèse en 2035. Ce chiffre est issu d'une étude publiée le 2 mars, deux jours avant la journée mondiale de l'obésité qui se tiendra, elle, le 4 mars. Un constat inquiétant alors qu'aujourd'hui, près de 2,6 milliards de personnes, soit 38% de la population mondiale, se trouvent déjà dans ce cas. 

Selon la Fédération mondiale de l'obésité, une alliance de groupes de santé et de scientifiques qui travaille en étroite collaboration sur l'obésité avec diverses agences mondiales, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS), si la tendance actuelle se poursuit, plus de 4 milliards de personnes (51% de la population) devraient souffrir de surpoids ou d'obésité d'ici 12 ans.

Inquiétude pour les moins de 18 ans

Selon l'étude, si rien n'est fait, le nombre de personnes cliniquement obèses - dont l'indice de masse corporelle (IMC) est égal ou supérieur à 30 - pourrait passer d'une sur sept à l'heure actuelle à un quart (25%) d'ici 12 ans, soit deux milliards de personnes concernées. Les pays les plus touchés sont ceux qui ne mènent pas de politique forte en la matière, notamment ceux en voie de développement, situés en Asie ou en Afrique, comme le Niger, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, la Somalie, le Nigéria ou encore la Centrafrique.

C'est chez les plus jeunes que l'obésité pourrait augmenter le plus rapidement. Selon l'Atlas mondial publié par la Fédération, d'ici 2035, elle devrait être au moins deux fois plus élevée qu'en 2020 dans cette population. Plus inquiétant : le taux d'enfants âgés de moins de 18 ans obèses pourrait augmenter de 100% chez les garçons, soit 208 millions de jeunes concernés, et de 125% chez les filles du même âge, soit 175 millions d'entre elles touchées. Ces résultats sont "un avertissement clair : en ne s'attaquant pas à l'obésité aujourd'hui, nous risquons de graves répercussions à l'avenir", a alerté dans le Guardian Louise Baur, président de la Fédération mondiale de l'obésité. 

Pour éviter ce scénario catastrophe, l'organisme appelle les pouvoirs publics à mettre en place une fiscalité alourdie sur les produits gras, fortement salés ou sucrés. Elle appelle également à limiter les publicités promouvant ce type d'aliments, notamment celles à destination des plus jeunes.

3% du PIB mondial

Si les chiffres de l'obésité alertent partout le monde, la France n'est pas épargnée. Dans le pays, le taux de personne en surpoids a doublé en 25 ans, a rappelé l'Inserm le 20 février dernier. Dans son enquête, l'institut montre que 47,3% des habitants de l'Hexagone ont un excès de poids et que l'obésité concerne 17% des personnes interrogées par les chercheurs contre 15% en 2022 et 8,7% en 1997. Le taux d’obésité chez les 18-24 ans a été multiplié par quatre entre 1997 et 2020, passant de 2,1% à 9,2%.

L'obésité est un véritable enjeu de santé publique à travers le monde, provoquant des risques majeurs de maladies chroniques, comme le diabète ou l'hypertension artérielle, qui augmentent le risque de maladies cardiovasculaires. Elle augmente également les risques de cancer. 

Son coût mondial devrait aussi monter en flèche, passant de 1,96 milliard de dollars en 2019 à 4,32 milliards de dollars en 2035, ce qui équivaudrait à 3% du PIB mondial - une somme comparable aux dommages économiques causés par le Covid-19, estime la Fédération. Selon son rapport, l'obésité croissante dans le monde est due à des facteurs tels que l'urgence climatique, les restrictions Covid et les polluants chimiques, ainsi que la composition et la promotion d'aliments malsains et le comportement de l'industrie alimentaire.


Annick BERGER

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