"Polluants éternels" : un médicament miracle découvert par des médecins suédois ?

par T.G.
Publié le 29 février 2024 à 18h20

Source : Sujet TF1 Info

Un essai clinique réalisé au Danemark a mis en lumière les vertus d'un médicament contre les "polluants éternels".
Leur quantité dans le sang pourrait être réduite de 60% par un traitement contre le cholestérol.

Des médecins ont-ils trouvé une solution contre les "polluants éternels" (PFAS) ? Un essai clinique réalisé au Danemark permet d'entrevoir un espoir. Des chercheurs ont constaté qu'un traitement contre le cholestérol permettait de réduire la quantité de PFAS dans le sang de 60% en trois mois.

"L'effet du traitement se traduit par une baisse (du taux) dans le plasma de 63%, ce qui correspond à environ une baisse de 3% liée au temps qui passe et de 60% grâce au traitement", a expliqué Morten Lindhardt, médecin à l'hôpital d'Holbaek, à l'ouest de Copenhague. Avec ce traitement - de la cholestyramine -, le sang se débarrasse ainsi des polluants 20 fois plus vite que sans intervention, d'après l'étude publiée dans la revue scientifique Environment International.

Éradiquer le "sentiment d'être empoisonné"

Selon les chercheurs, c'est une piste prometteuse pour des personnes ayant été exposées à de fortes doses. Ces substances, qui ont tendance à s'accumuler dans l'organisme, peuvent être néfastes à la santé. Par exemple en diminuant la réponse immunitaire à la vaccination, en ayant un impact sur le cholestérol ou en étant liées à des cancers ou à l'obésité.

"Si vous continuez à être exposé, je ne pense pas qu'il faut suivre ce traitement en permanence à cause des effets secondaires", qui peuvent se manifester sous la forme d'éruption cutanée ou de douleur abdominale, tempère néanmoins Morten Lindhart. Toutefois, le médicament permet d'éradiquer le "sentiment d'être empoisonné" que peuvent ressentir les personnes à fort taux de polluants, se félicite-t-il.

Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont une large famille de quelque 4000 composés chimiques. Au Danemark, des habitants de Korsør (centre) ont été contaminés à l'un d'entre eux, l'acide perfluoroctane sulfonique (PFOS) associé à un risque accru de cancer et interdit en Europe. Au sein de cette communauté, les taux mesurés de PFOS sont largement supérieurs à la normale (21 ng/mL) et c'est sur 45 résidents, avec un taux médian de 191 ng/mL, que l'essai clinique a été réalisé.

Malgré la petite taille de la cohorte, l'effet du traitement, car il est très important, est indiscutable, assure Morten Lindhardt. Pas question cependant de traiter toutes les personnes confrontées à des taux faramineux. "Le risque d'effets secondaires est beaucoup trop important, si on traitait tout le monde, ça serait un désastre", prévient-il. Il voit cependant un "potentiel" pour les femmes en âge de procréer, pour leur permettre de ne pas transmettre ce haut niveau de PFAS à leur futur enfant. "Cela pourrait rompre la chaine de transmission à la génération future", dit le médecin.


T.G.

Tout
TF1 Info