Pollution de l'air : les enfants issus de milieux modestes davantage touchés par les complications respiratoires

par T.A.
Publié le 4 janvier 2024 à 21h21

Source : JT 20h WE

Selon une étude de la Drees, la pollution de l'air aurait des conséquences différentes selon la classe sociale des enfants.
Les enfants modestes auraient plus de chances d'être hospitalisés pour asthme ou bronchiolite.
Un phénomène qui s'explique par plusieurs facteurs.

Plus un enfant est issu d'une classe sociale modeste, plus les conséquences de la pollution de l'air s'aggravent. Ce sont les résultats d'une étude de la Drees, le service statistique du ministère de la Santé, publiée jeudi 4 janvier et qui s'est penchée sur les catégories sociales les plus frappées par l'exposition aux particules fines. Des vagues de pollution, qui se produisent notamment en période de fortes chaleurs dans les grandes villes, qui n'ont pas le même impact en fonction de son milieu d'origine.

Tout d'abord, les scientifiques ont montré que les enfants les plus modestes étaient plus touchés par la pollution de l'air que la plupart des autres enfants. "Au sein des grandes aires urbaines, ce sont les enfants des ménages les plus modestes qui sont les plus exposés du fait de leur localisation", souligne la Drees dans ses recherches. Plus étonnant : l'autre part de la population surexposée aux microparticules représente... les 10% des enfants les plus aisés. Là aussi, ce chiffre s'explique par le lieu de vie des familles riches, plus souvent situé dans les grandes villes, très polluées.

Davantage de risques d'hospitalisation pour une bronchiolite ou une crise d'asthme

Toutefois, certaines données permettent de mettre en avant d'importantes différences au sujet des maladies liées à la pollution de l'air en fonction des catégories sociales. Selon le rapport de la Drees, les enfants les plus modestes sont davantage concernés par des hospitalisations précoces pour certaines complications respiratoires, comme des bronchiolites ou des crises d'asthme. "Les enfants les plus modestes sont 1,9% à être admis à l’hôpital en urgence pour asthme avant leur troisième anniversaire, contre 1,2% des plus aisés, soit un risque multiplié par 1,6", notent les statisticiens.

Plusieurs explications peuvent corroborer ce résultat. D'abord, les nourrissons issus des familles les plus pauvres sont aussi plus fragiles, puisqu'elles comptent une plus grande proportion d'enfants nés prématurés par rapport aux plus aisés. "Les enfants les plus modestes ont un risque 1,5 fois plus élevé de naître prématurément que les plus aisés, indique le rapport. Ces inégalités marquées se constatent également vis-à-vis du risque de faible poids à la naissance, souvent lié à la prématurité." De cette manière, ces enfants, habitant souvent dans des grandes villes très exposées à la pollution, connaissent "un risque 1,8 fois plus élevé d'avoir une radiographie pulmonaire".

Un autre volet de l'étude donne aussi quelques clés pour comprendre la moins bonne prise en charge des enfants les plus modestes touchée par de l'asthme. La délivrance de médicaments à cet effet pour les familles plus défavorisés atteint des niveaux bien plus bas en comparaison à ceux des foyers plus aisés.


T.A.

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