Pollution des cabines, cancer de la peau... Travailler dans un avion comporte des risques pour la santé

par T.A.
Publié le 25 octobre 2023 à 9h18
Pollution des cabines, cancer de la peau... Travailler dans un avion comporte des risques pour la santé

Hôtesses de l'air, stewards et pilotes sont confrontés à des risques pour leur santé en raison de leurs conditions de travail, note l'Anses dans un nouveau rapport.
L'exposition à des "rayonnements ionisants" en altitude pourrait notamment augmenter les chances de développer un cancer de la peau.
Les horaires décalés et la pollution des cabines sont aussi évoqués.

"De multiples nuisances et des conditions de travail particulières" : dans un nouveau rapport, publié mercredi 25 octobre, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) dresse un état des lieux des différents risques sanitaires connus par le personnel navigant dans les avions. Hôtesses de l'air, stewards et pilotes évoluent dans un environnement de travail très différent de la plupart des salariés en France, comportant de nombreux enjeux sur leur santé.

Des rayonnements ionisants dangereux

Principal risque mis en avant : l'exposition aux rayonnements ionisants dans la cabine des avions. Ces rayons sont issus d'une énergie libérée par les atomes. En altitude, ils augmentent et se dégagent sous forme d’ondes électromagnétiques ou de particules. Or, ces derniers peuvent avoir des "effets sanitaires aigus tels que des brûlures cutanées ou un syndrome d’irradiation aigu lorsque les doses de rayonnements dépassent un certain niveau", indique l'Organisation mondiale de la santé sur son site web.

De cette manière, "l’Anses souligne que l’incidence de certains cancers, tels que les cancers de la peau (épidermoïdes et mélanomes) et les leucémies, augmente chez ces travailleurs, ce qui pourrait être provoqué par ces rayonnements". En clair : en travaillant dans les airs, le risque de développer un cancer de la peau pourrait être plus important que pour les salariés de la population générale en France.

Horaires décalés et air pollué dans les cabines

D'autres facteurs de risque pour les 30.000 personnes travaillant dans les avions sont aussi évoqués par l'agence. Les horaires décalés et le travail de nuit, très fréquents dans le secteur aérien, sont "connus pour entraîner des effets sur la santé", rappelle l'Anses. À long terme, le travail décalé ou de nuit peut avoir pour conséquence "une désynchronisation de l'horloge biologique" humaine, rappelait l'Inserm en 2022. Sans compter l'impact du décalage horaire, propre au travail des personnels navigants.

Autre problème soulevé par le rapport : "Les multiples sources de polluants" retrouvées dans les cabines d'avion. Les systèmes de ventilation des appareils peuvent parfois être la cause de cette pollution : dans les avions, l'air alimentant la cabine "est en partie prélevé au niveau des moteurs". Mais cet air peut comporter des particules néfastes pour la santé, par exemple des résidus de composés d'huile de moteur. 

Appelé "fume event" par les scientifiques, ce phénomène n'a pas encore beaucoup été étudié. Mais s'intéresser à ce concept pourrait être une des pistes à explorer pour améliorer la santé des travailleurs dans les avions. De manière plus générale, l'Anses souligne dans tous les cas que des études supplémentaires seront "indispensables pour préciser les effets sur la santé des personnels navigants liés à leur profession et à la qualité de l’air dans les cabines, identifier les circonstances pouvant conduire à des pollutions particulières de cet air et objectiver les symptômes rapportés par ces personnels".


T.A.

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