Pourquoi le vin rouge, même en petite quantité, fait mal au crâne ? La science lève le voile

par A. LG avec MM
Publié le 1 décembre 2023 à 17h08

Source : JT 13h Semaine

D'après une récente étude, une molécule antioxydante et particulièrement présente dans le vin rouge, empêche de bien métaboliser l'alcool.
Cela pourrait expliquer l'apparition rapide de maux de tête chez certaines personnes qui en ont consommé, et ce même en quantité raisonnable.

À ceux qui plaident constamment que, non, ils n'ont pas bu davantage que deux verres hier soir, mais que, oui, ils ont bien mal au crâne, la science apporte peut-être un premier élément de réponse. En tout cas pour ce qui est du vin rouge. L'origine de ce symptôme ne viendrait pas nécessairement de l'absorption du précieux breuvage rouge en quantités excessives mais d'un composant se trouvant dans la peau des raisins : la quercétine.

C'est en tout cas ce que tendent à montrer les résultats d'une étude menée par des chercheurs de l'université de Californie à Davis et récemment publiée dans la revue Nature

Une concentration variable d'un vin à l'autre

Particulièrement présente dans le vin rouge, la molécule antioxydante en question, appartient à la famille des flavonoïdes et est bénéfique, dans l'absolu, pour la santé. Mais au contact de l'alcool, cette dernière se transforme et devient alors de la quercétine-glucoronide, empêchant le corps de métaboliser correctement l'alcool. En résulte une production accrue d'acétaldéhyde, elle-même toxique, irritante et inflammatoire lorsqu'elle se trouve en grande quantité dans l'organisme. D'où la possible apparition de rougeurs sur le visage, mais aussi de nausées et de maux de tête, généralement entre trente minutes et trois heures après la consommation du vin.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé 16 vins rouges provenant de différents pays viticoles, de variétés et méthodes de vinification. 

Si, à titre de repère, la quantité de quercétine dans le vin blanc est en moyenne presque dix fois inférieure à celle des vins rouges, tous les vins rouges ne se valent pas non plus. Des travaux antérieurs ont ainsi montré que la concentration de quercétine est quatre à huit fois plus élevée dans les grappes de raison exposées au soleil que dans les grappes ombragées. De même, la technique de vinification ou la méthode de vieillissement utilisées peut influer sur la concentration de quercétine.

Des personnes plus exposées que d'autres

Outre les effets variables observés inhérents au breuvage lui-même, notons que tout le monde ne réagit pas de la même façon et dans les mêmes proportions face à ce risque de migraine. Les personnes asiatiques (en particulier celles d'origine chinoise, japonaise ou coréenne) seraient notamment plus à risque de contracter ces maux de têtes en raison de leur profil génétique et plus particulièrement d'une forme différente des enzymes ALDH qui impliquent des "concentrations sanguines d'acétaldéhyde considérablement plus élevées", notent les chercheurs. Et ce après quelques gorgées seulement.

À noter toutefois que les résultats de cette étude, réalisée in vitro, devront être corroborés par des travaux complémentaires, notamment sur des humains. Si la piste exposée dans cette étude est intéressante, selon les chercheurs, il s'agira pour eux de déterminer notamment si la fréquence des maux de tête est corrélée à la concentration en quercétine dans le vin.


A. LG avec MM

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