"L'équivalent de 18 paquets de cigarette" : la 9K, cette nouvelle puff ultra-puissante qui rend les ados accros

par Marie TERANNE
Publié le 2 janvier 2024 à 16h35, mis à jour le 2 janvier 2024 à 18h00

Source : JT 20h WE

Alors que la "puff" sera bientôt interdite en France, les adolescents se tournent vers des modèles grand format encore plus addictifs, se ravitaillant sur les réseaux sociaux.
TF1info fait le point.

Les industriels mettent les bouffées doubles afin d'attirer les jeunes. Dernière invention en date : la 9K, une nouvelle puff ultra-puissante. Elle contient 9000 bouffées (d'où son nom), des vapoteuses colorées, parfois clignotantes, trois fois plus volumineuses qu'une "puff" classique et qui équivaut, avec ses 2% de nicotine, à 18 paquets de cigarette. 

Alors que l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité l'interdiction des "puffs" le 4 novembre dernier, la main est désormais au Sénat. Il doit entériner cette interdiction qui, selon le souhait du gouvernement, devrait entrer en vigueur d'ici la rentrée 2024. Arrivée sur le marché en 2021, cette e-cigarette paraissait inoffensive : sans nicotine, limitée à 300 à 600 bouffées pour quelques euros. Mais les médecins y ont tout de suite vu un piège tendu aux adolescents afin de les amener progressivement vers la cigarette. 

"Parmi les adolescents utilisant la 'puff', 28% d'entre eux ont commencé leur initiation à la nicotine à travers ce produit et 17% d'entre eux se sont ensuite tournés vers une autre forme de produit de la nicotine ou du tabac", avançait l'Alliance contre le tabac, contactée par TF1info il y a quelques mois. "Les adolescents sous-estiment la nocivité de ce produit", juge quant à elle la Fédération d'associations de lutte contre le tabagisme. Et pour cause, "l'utilisation de la 'puff' augmente les risques de développer une inflammation des voies respiratoires et impacte les acquisitions cognitives des plus jeunes." 

La 'puff 9000', c'est l'équivalent de dix-huit paquets de cigarettes
Frédéric Le Guillou, pneumologue

Selon les derniers chiffres de l’Alliance contre le tabac, 15 % des 13-16 ans ont déjà utilisé une "puff". "C'est une porte d'entrée dans l'addiction à la nicotine dans un premier temps, et dans l'addiction au tabac dans un deuxième temps. La gestuelle est également responsable d'une dépendance comportementale", affirme Frédéric Le Guillou, pneumologue et président de l’association Santé respiratoire France, contacté par TF1info.  

Toujours est-il qu'à l'approche de sa prohibition, les "puffs 9K" séduisent de plus en plus les jeunes. Sur les réseaux sociaux, cette espèce de biberon à embout vert ou rose fluo afflue. "C'est l'équivalent de dix-huit paquets de cigarettes, c'est énorme, c'est presque deux cartouches ! C'est extrêmement pervers comme mode d'action. C'est ludique, il y a des belles couleurs attrayantes, c'est comme si c'était un bonbon pour les jeunes, le but, c'est d'en faire des addicts", s'indigne Frédéric Le Guillou. "D'autant plus que si ces jeunes ont déjà des maladies préexistantes, par exemple de l'asthme ou une hyperréactivité bronchique, les irritants présents dans ces 'puffs' peuvent aggraver la maladie sous-jacente", poursuit l'expert. 

Un marché noir s'organise

À noter que les buralistes n'ont pas le droit de vendre de "puffs 9K", et encore moins à des mineurs. Dans ce contexte, comment les jeunes se procurent-ils cette "puff" 2.0 ? Des comptes de vendeurs ont progressivement émergé sur Instagram et Snapchat. "On recharge en 9K et 12k (9000 et 12000 bouffées, NDLR)", peut-on lire dans une story Snapchat. Tous exhibent des boîtes bariolées aux saveurs fraise-mangue, ananas-noix de coco ou pêche. 

En septembre dernier, la Première ministre Élisabeth Borne avait annoncé que le gouvernement souhaitait interdire les "puffs" dans le cadre d'un "nouveau plan national de lutte contre le tabagisme". 


Marie TERANNE

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