Après les autorités sanitaires, des parlementaires réclament une nouvelle fois l’interdiction de la Puff.
Réunis en colloque ce jeudi à l'assemblée, ils espèrent faire voter à la rentrée une loi en ce sens.
Il faut dire que cette cigarette électronique jetable, très prisée des ados, n'est pas sans danger.

La mode de ces petits tubes colorés qu'on inhale est arrivée en France fin 2021, et depuis ils ne cessent de séduire les ados. Et pour cause : côté marketing, la Puff, vendue en bureau tabac et en grande surface, a tous les atouts pour leur plaire. Elle décline un large éventail de saveurs sucrées ou fruitées (ice cream fraise, cola pétillant ou autres bubble gum), et propose une gamme de coloris flashy à un prix modique allant de 8 à 12 euros pour 500 bouffées.

Résultat, 13% des adolescents l'aurait utilisée l’année dernière, indique Alliance contre le tabac. Même si en théorie, cette cigarette électronique est censée être interdite aux mineurs. Face à ce phénomène qualifié de préoccupant, des députés de plusieurs groupes politiques espèrent faire voter à la rentrée l'interdiction des puffs.

Nous avons bon espoir de parvenir à une interdiction d'ici à la fin de l'année
Francesca Pasquini, député écologiste à l'origine du projet de loi

Lancée en novembre par la députée écologiste Francesca Pasquini, membre du groupe Nupes, une proposition de loi vise à interdire les dispositifs électroniques de vapotage "dès lors que ces derniers sont à usage unique", autrement dit les puffs. Un colloque était par ailleurs organisé ce jeudi à l’Assemblée pour "sensibiliser les députés qui ne le sont pas encore" sur les dangers de cette mini-cigarette électronique qui peut contenir jusqu'à 20 mg/ml de nicotine. Cette substance addictive peut-être "une porte d'entrée" vers la cigarette pour les adolescents, s'alarmait fin 2022 Alliance contre le tabac. "Plus un cerveau est mis jeune en contact avec de la nicotine, plus cette addiction sera longue et difficile à combattre", affirme son président, le Dr Loïc Josserand.

De son côté, le ministre de la Santé François Braun s'est dit début mai "tout à fait favorable à une interdiction des puffs dans le cadre du prochain Programme national de lutte contre le tabagisme (PNLT) 2023-2027". "Il va également travailler avec les parlementaires et les associations mobilisées sur le sujet", a souligné ce jeudi son cabinet auprès de l’AFP. "Avec ce soutien, nous avons bon espoir d'y parvenir d'ici à la fin de l'année", a avancé Francesca Pasquini lors d'un point presse à l'Assemblée nationale. Sa proposition de loi a été signée par 63 députés de huit groupes politiques différents, hors LR et RN.

La députée espère désormais une inscription de la proposition à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour qu'elle puisse être débattue en séance en octobre ou novembre. "Tout est réuni pour que l'interdiction arrive vite", s'est réjoui le député de la majorité présidentielle, Karl Olive (Renaissance), soutien du texte. Au Sénat aussi, le sujet est à l'ordre du jour. La sénatrice LR Catherine Procaccia vient de se voir confier une mission sur les alternatives au tabac par l'Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), qui éclaire le Parlement sur les décisions dans ces domaines.

En Europe, certains pays ont déjà mis en place un certain nombre de mesures afin de réglementer l'usage de ces cigarettes électroniques. L'Allemagne, par exemple, a mis en œuvre une taxe sur les produits de vapotage. Tandis que les Pays-Bas ont interdit des arômes autres que le tabac pour éviter de séduire les non-fumeurs.


Virginie FAUROUX

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