Qu’est-ce que l’andropause, la "ménopause" des hommes ?

par Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO
Publié le 20 février 2024 à 20h00

Source : Bonjour !

Alors que les femmes sont concernées par ce passage obligatoire et naturel qu’est la ménopause, les hommes peuvent, eux aussi, être touchés par un phénomène équivalent.
Appelée andropause, la diminution du taux de testostérone et d’autres hormones intervient généralement vers 45 ans.
Comment se manifeste ce phénomène biologique et que faire pour prévenir ses désagréments ?

La ménopause, ce passage marquée par l’arrêt de l’ovulation et la disparition des règles, est connue de tous. Mais saviez-vous que les hommes peuvent, eux aussi, être touchés par une chute de la production des hormones sexuelles avec l’âge ? Ce phénomène, appelé andropause ou déficit androgénique lié à l'âge (DALA), se caractérise par la diminution progressive du taux de testostérone chez l’homme vieillissant, généralement entre 45 et 60 ans. Cette baisse des hormones masculines s’accompagne de divers changements psychiques et physiques, qui peuvent être la perte de masse musculaire, une réduction de la libido en passant par des troubles de l’appétit et de l’humeur. 

D’après un article publié dans le New England Journal of Medicine, 2,1 % des hommes souffriraient d'andropause. Ce chiffre augmente avec l'âge : ils sont 0,1 % à développer un déficit de testostérone entre 40 à 49 ans, 0,6 % de 50 à 59 ans, 3,2 % de 60 à 69 ans et enfin 5,1 % de 70 à 79 ans. Toutefois, contrairement à la ménopause, l’andropause n’est pas une fatalité et reste un phénomène minoritaire. Voici quelques pistes qui permettent de détecter ce syndrome et les moyens de les améliorer.

Comment reconnaître l’andropause ?

Pour dépister les symptômes liés au déficit de la testostérone, le médecin peut s’appuyer sur le questionnaire de référence de l’andropause, appelé questionnaire ADAM (Androgen Deficiency in Aging Male). Composé de dix questions, ce test d’auto évaluation permet notamment au patient d’évaluer son état de santé physique et psychologique. La plupart du temps, les hommes qui souffrent d’andropause se plaignent d’une perte d’endurance musculaire, d’une fatigue soudaine, d’un manque d’énergie, de kilos qui s’installent, voire, de bouffées de chaleur. Certains se plaignent d’un mal de vivre, sont irritables au point de ne plus se reconnaître, ont tendance à prendre du poids plus facilement, mais finissent par se dire que ces symptômes sont normaux et liés à l’âge. Or, c’est probablement l’andropause qui se manifeste. 

Le principal symptôme reste la baisse de la libido, avec ou sans dysfonctionnement érectile, qui incite les hommes à consulter. Après examen des symptômes, le médecin ou spécialiste andrologue va d’abord chercher à écarter les causes de maladies plus sévères qui peuvent expliquer ce déclin hormonal, telles que la dépression, l’hypothyroïdie, le diabète ou certaines maladies chroniques. Dans un second temps, une prise de sang s’impose pour mesurer le taux de testostérone dans le corps du patient et confirmer le diagnostic. Les hommes qui traversent l’andropause peuvent ensuite se voir administrer un traitement qui repose essentiellement sur l’administration de testostérone. 

Comment prévenir les désagréments de l’andropause ?

Si le tableau n’est pas très réjouissant, dites-vous qu’il est possible de prévenir l’apparition de ces symptômes en adoptant un mode de vie sain. L’exercice physique, pendant trente minutes ou plus, va stimuler la libération de testostérone et mobiliser la plupart des muscles de votre corps. Avec l’âge aussi, modérez votre consommation d’alcool, qui nuit à la production de testostérone ainsi qu’à la libido. Pour garder la forme, veillez à équilibrer vos apports alimentaires. Les lipides, glucides et les protéines optimisent non seulement les niveaux de testostérone, mais aideront aussi à maintenir la masse musculaire. Au contraire, limitez la consommation d’aliments trop gras, trop sucrés et trop salés, qui vont agir négativement sur la production d’hormones.

En priorité, jetez votre dévolu sur les légumes et les fruits frais. Les poissons gras, les noix et les grains de lin, riches en oméga-3, devront aussi faire partie de votre régime alimentaire. Aussi, la vitamine D — que l’on retrouve notamment dans le lait, les œufs et les champignons — aurait des effets positifs sur la principale hormone sexuelle mâle. Grand ennemi commun, le stress serait associé à des taux de cortisol élevé et des taux de testostérone plus faibles selon plusieurs études. Tâchez donc de vous libérer des tracas quotidiens et de trouver les moyens de vous détendre et de vous relaxer. Dernier conseil, valable à tout âge : dormez suffisamment ! Pour rappel, le corps de l’homme produit l’essentiel de la testostérone durant le sommeil. Par conséquent, moins vous dormirez, plus le taux de cette hormone chutera.


Aurelie DUHAMEL pour TF1 INFO

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