Covid-19 : la France a-t-elle atteint ses objectifs avant la levée des restrictions ?

par Léa COUPAU
Publié le 12 mars 2022 à 11h20

Source : JT 13h Semaine

Ce lundi 14 mars, le pass vaccinal et le port du masque seront tous deux suspendus dans une majorité de lieux en France.
Fin février, devant le Sénat, le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait esquissé plusieurs conditions par acter leur levée.
Sont-elles aujourd'hui remplies ?

Plus de pass vaccinal, fin presque totale du masque obligatoire...  Ce lundi 14 mars, l'essentiel des restrictions anti-Covid-19 vont être levées dans l'Hexagone, suivant l'exemple d'autres pays européens. Dans le détail, et comme annoncé par le gouvernement, le masque et le pass vaccinal vont ainsi être suspendus. Le premier restera toutefois obligatoire dans les transports collectifs et les établissements de santé, et la version "sanitaire" du pass vaccinal, dans les hôpitaux et les Ehpad.

"Ces avancées, nous les attendions depuis très longtemps, les Français les attendaient, elles marquent un pas décisif", s'est félicité, mercredi, Gabriel Attal, à la sortie du conseil des ministres. Pourtant, la date choisie apparaît paradoxale au moment même où "le nombre de cas (...) semble ne plus diminuer", continuait le porte-parole du gouvernement. 

Vendredi, 72.399 cas positifs ont été enregistrés ces dernières 24 heures, contre 53.209 la semaine passée. La moyenne des sept derniers jours est également repassée au-dessus de 60.000, après une baisse à 52.000, début mars.

Trois objectifs, deux non-remplis

Annoncée le mois dernier pour la mi-mars, la levée des restrictions était pourtant conditionnée à une décrue de l'épidémie. Le 22 février, le ministère de la Santé et des Solidarités avait par ailleurs fixé trois seuils au Sénat pour l'acter. Il fallait impérativement atteindre un taux d’incidence de 500 "au maximum", un taux de reproduction R "durablement en dessous de 1", et "autour de 1500 patients Covid en réanimation". 

Deux semaines plus tard, les conditions ne sont toujours pas remplies. Selon Santé publique France, le taux d'incidence était encore de 584,8, mardi 8 mars. Conséquence, le nombre de patients en soins critiques ne fléchit pas assez vite : vendredi, il dépassait toujours la barre des 1800 (1875). Face à une épidémie qui repart à la hausse, on peut logiquement craindre que le taux de reproduction R repasse rapidement au-dessus de 1 (contre 0,8, la semaine passée).

"Nous serons lundi dans les objectifs que nous nous étions fixés, il n'y a donc pas de difficulté à aller au bout de la démarche de la fin du pass vaccinal et la fin du masque, sauf dans les transports", a assuré, vendredi, le ministre de la Santé. Ce qui ne suffit pas à rassurer certains médecins et chercheurs. Interviewée par Libération, l'épidémiologiste Dominique Costagliola déplore un gouvernement qui obéit davantage à des "considérations électorales que de santé publique."

"Ça ne me gênerait pas si nous étions dans une dynamique baissière. Mais force est de constater que ce n'est pas le cas (...) L'intérêt est ici politique, et non sanitaire", ajoutait hier à France 24, Jérôme Marty, le président du Syndicat de l'Union française pour une médecine libre (UFML).

En déplacement en Isère, Olivier Véran a promis de rester "extrêmement vigilant", mais sans remettre en cause ces indicateurs présentés fin février. Le rebond actuel "met en exergue (...) la nécessité que les personnes fragiles continuent de se protéger" et de porter le masque, a-t-il ajouté.


Léa COUPAU

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