Près d'un tiers des Français vivent dans un désert médical.
Dans de plus en plus de communes, on voit arriver des cabines de téléconsultation dans les pharmacies pour compenser l'absence de médecins.
Une fausse solution, estiment certains soignants.

Cela fait trois ans qu'une cabine de téléconsultation a été installée dans une pharmacie d'Amphreville-Saint-Amand (Eure). Derrière la borne, des médecins à distance sont disponibles à n’importe quelle heure de la journée. Le seul cabinet médical du village a fermé. Certains patients doivent maintenant se tourner vers la cabine, faute de rendez-vous. "C'est une petite solution de secours, mais ça ne remplace pas", observe une habitante.

Face aux déserts médicaux, la téléconsultation est-elle la solution ? En Seine-et-Marne, département très touché par la pénurie de médecins, une pharmacie vient d’installer une deuxième cabine pour faire face à la forte demande. Elle peut mettre le patient en relation avec des spécialistes, comme des dermatologues, par exemple.

"La cabine de téléconsultation n'a aucune vocation à concurrencer les cabinets de médecins. C'est une solution qui est une alternative à l'indisponibilité des médecins traitants sur le territoire."
Nathaniel Bern, cofondateur de Medadom

En quelques clics, un médecin prend en charge le patient. "J'ai pris l'habitude de le faire assez régulièrement, surtout pour des renouvellements de traitement qui ne nécessitent pas forcément de voir mon médecin traitant", témoigne une jeune femme. 

Chaque mois, il faut payer la location des deux cabines. C’est un coût pour le pharmacien, mais aujourd’hui, il n'y a pas d’autres solutions, selon lui : "On n'est pas tout à fait à l'équilibre, mais c'est surtout un service qu'on apporte à la population".  

Aujourd'hui, en France, près de 6000 cabines de téléconsultation sont installées, notamment dans les déserts médicaux qui comptent moins de 20 médecins pour 10.000 habitants. En Seine-et-Marne, par exemple, il y a 169 cabines et neuf médecins pour 10.000 habitants. 

"La cabine de téléconsultation n'a aucune vocation à concurrencer les cabinets de médecins. C'est une solution qui est une alternative à l'indisponibilité des médecins traitants sur le territoire. Le marché est assez large, les patients sont en demande de prise en charge et on va essayer de les satisfaire", explique Nathaniel Bern, cofondateur de Medadom, le leader du secteur. 

Argument non recevable pour le premier syndicat de médecins généralistes, MG France. Selon sa présidente, la téléconsultation n'incite pas les médecins à s'installer dans les zones en tension. "Tout le temps qu'ils passent à faire des téléconsultations de chez eux, c'est du temps qu'ils ne passent pas en cabinet auprès des patients. C'est une activité lucrative, facile, parce qu'il n'y a pas de suivi. Donc c'est économiquement rentable pour les médecins, mais pour les patients, ça ne répond pas aux besoins de la population et donc ça aggrave la pénurie", déplore Agnès Gianotti. 


La rédaction de TF1info | Reportage Victor Topenot, Héloïse Levêque

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