Greffe de cœur de porc : l'organe de l'homme, mort depuis, était porteur d'un virus porcin

LC.
Publié le 6 mai 2022 à 22h58
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

En janvier, à 57 ans, David Bennett a été greffé d'un cœur de porc avant de mourir deux mois plus tard.
Son décès pourrait avoir été causé par un virus porcin, estime son chirurgien.

La causepourrait être animale. En janvier dernier, à l'âge de 57 ans, l'Américain David Bennett avait été le premier à recevoir une greffe d'un cœur de porc génétiquement modifié. Son opération aux États-Unis avait alors soulevé de grands espoirs dans la communauté scientifique, car de telles xénogreffes, de l'animal à l'homme, pourraient potentiellement remédier à la pénurie de dons d’organes. Mais deux mois plus tard, l'état du patient s'est détérioré et, son cœur implanté a lâché.

Infecté par un cytomégalovirus

Dans une déclaration, l'hôpital avait indiqué à l'époque n'avoir identifié "aucune cause" immédiate à son décès. Aujourd'hui, le chirurgien de David Bennett, Bartley Griffith, semble toutefois avoir trouvé la clé, comme le rapporte le MIT Technology Review. Le 20 avril, il dévoile, dans une réunion en ligne, que le cœur du greffé était en réalité infecté d'un cytomégalovirus. Ou autrement dit, un virus porcin.

Pour ce dernier, "s'il s'agit d'une infection, nous pouvons probablement l'empêcher à l'avenir", a-t-il insisté. En effet, lors d'une transplantation d'un animal à un homme, des gènes sont ajoutés ou enlevés dans les organes choisis afin d'éviter tout rejet pour le receveur. Dans le cas de David Bennett, le cœur de porc avait ainsi subi dix modifications génétiques.

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De quoi susciter des craintes pour l'avenir ? Non, répondent les chercheurs. Ces transplantations ne représentent "pas de risques réels pour les humains", assure Jay Fishman, spécialiste des infections lors des transplantations, cité par MIT Technology Review. "Si vous testez mieux l'animal, ce genre de choses n'arrive pas", abonde Joachim Denner, chercheur à l'Institut de virologie de la Free University de Berlin. Par ailleurs, "le patient était très, très, très malade. Peut-être que le virus a contribué, mais ce n'était pas la seule raison", ajoute-t-il.

Mais en attendant de nouvelles xénogreffes, des études vont être menées sur le cas de David Bennett. Et les règles de contrôles des organes greffés pourraient également être renforcées.


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