Lendemain de réveillon : mais pourquoi parle-t-on de "gueule de bois" ?

Publié le 1 janvier 2023 à 13h42, mis à jour le 1 janvier 2024 à 8h18

Source : JT 13h WE

Ça y est, le cap est passé à minuit comme prévu, nous sommes bien en 2024.
Après les agapes du réveillon, certains vivent un lendemain qui déchante.
L'année commence avec une convive qu'on n'avait pas invitée : la "gueule de bois".
Une sensation désagréable très commune, au mécanisme pourtant méconnu.

On l'a déjà vécu, et chaque fois, on veut croire que ce sera différent. Et pourtant elle est bien là dès le réveil : la redoutée "gueule de bois" inaugure avec vous la première journée de l'année qui commence. Sensation pénible, parfois passagère, mais qui peut parfois durer plus de 24 heures, son mécanisme est encore mal compris des scientifiques. Hier encore, c'était un grand vin ou un bon champagne, ce matin ce n'est plus que de l'alcool dans le sang, qui s'évacue dans la peine.

Un mal qui apparaît quand l'alcool disparaît

Les agapes arrosées de la veille jouent bien sûr le premier rôle dans son apparition. La "gueule de bois" apparaît 6 à 8 heures après l'ingestion d'alcool, quand justement l'alcoolémie diminue. Mal de tête insupportable, déprime, sécheresse de la bouche, sensibilité à la lumière, et parfois nausées... Mais quand s'arrête-t-elle, se demande le "malade" ? Le paroxysme des symptômes est atteint quand le taux d'alcool dans le sang redevient (enfin) nul. Et bien entendu, l'intensité de cette crise matinale est proportionnelle à la quantité d'alcool consommée

Un mécanisme mal connu

Si un terme médical existe pour désigner plus doctement la "gueule de bois" (la "veisalgie"), la science explique mal le processus qui la crée. Selon une théorie, la déshydratation serait au cœur du problème : une forte consommation d'alcool inhiberait la production de "vasopressine", une hormone nécessaire aux reins pour réhydrater l'organisme. Une autre interprétation rejette la première, et met en avant la production d'une substance toxique, lors de la décomposition de l'alcool dans le sang, nommée "acétaldéhyde".

La bouche "sèche comme du bois"

L'expression elle-même semble provenir de la sensation de bouche pâteuse, sèche "comme du bois" au lendemain de la consommation d'alcool. Les Québécois ou les Belges poussent l'ironie jusqu'à nommer le phénomène "xylostomiase", traduction grecque approximative de "bois" et "bouche", créant une pathologie imaginaire pour excuser un état dont on connaît tous la cause. 

Enfin, pour qui lirait cet article en étant justement atteint de veisalgie, xylostomiase ou gueule de bois, l'urgence serait surtout de s'en débarrasser au plus vite. Or, aucun remède absolu, ni méthode de grand-mère, n'a prouvé son efficacité jusqu'ici. Le citrate de bétaïne, souvent recommandé, agit en fait sur les troubles digestifs qui peuvent accompagner une prise excessive d'alcool. Seule la consommation d'eau est hautement conseillée pour se réhydrater et au moins pour débarrasser sa bouche de l'infâme sensation pâteuse qu'elle subit. Manger et boire avant de se coucher peut aussi atténuer les effets de gueule de bois du lendemain, mais à l'heure où vous lisez ces lignes il est déjà trop tard pour cela.


Frédéric SENNEVILLE

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