La blemmophobie est la peur irrationnelle d'être jugée sur son corps si bien que le regard des autres est vécu comme un calvaire.
Il s'agit d'une phobie sociale qui touche principalement les jeunes adolescentes.
Particulièrement handicapante, la blemmophobie peut être traitée grâce à la thérapie cognitivo-comportementale.

Si la scopophobie caractérise la peur irrationnelle d’être observée, la blemmophobie, elle, se définit comme la peur d’être jugée sur son apparence physique. C’est la peur du regard des autres, une peur exacerbée par notre société moderne qui accordent énormément d’importance à l’apparence. Ce trouble anxieux touche aussi bien les hommes que les femmes, mais il concerne surtout les adolescentes qui traversent beaucoup de changements physiques durant cette période.

Qu’est-ce que la blemmophobie ?

Il s’agit d’une phobie sociale. Elle se définit comme la peur irraisonnée du regard des autres et notamment d’être jugée sur son apparence ou sur son corps. La personne souffrant de blemmophobie peut être paniquée à l’idée que l’on remarque une rougeur sur son visage, une main qui tremble, mais elles craignent aussi que l’on voie leur corps, qu’il soit habillé ou nu. 

Pour la psychologue Karen Demange, interrogée par Santé Magazine, "cette phobie ne doit pas être confondue avec une simple timidité. La peur du regard des autres est normale, mais la phobie du regard des autres, elle, est pathologique, puisqu’elle a une incidence sur le quotidien des personnes concernées qui adoptent des stratégies d’évitement pour ne pas avoir à supporter le regard des autres". De ce fait, elles évitent les activités de groupe, ne prennent pas la parole en public, évitent les lieux où l’on pourrait les observer et toute situation impliquant une exposition de leur corps, comme la plage, la piscine, et même les consultations médicales. Cette phobie sociale, quand elle n’est pas traitée, peut mener jusqu’à l’isolement total.

Les symptômes et les causes de la blemmophobie ?

La personne blemmophobe adopte des stratégies d’évitement, voire de repli. Elle peut souffrir d’anxiété, de crise de panique qui se manifeste par des palpitations, une transpiration excessive, des douleurs thoraciques, des difficultés à respirer, une gorge nouée. Dans les cas les plus extrêmes, elle peut même perdre connaissance. 

La blemmophobie survient pour différentes raisons et dépend des profils, mais souvent, elle découle d’une mauvaise estime de soi et d’un manque très important de confiance. Non seulement, la personne blemmophobe n’aime pas son corps, mais elle a une vision déformée de son corps. Il arrive que ce trouble prenne racine à l’adolescence, une grande période de bouleversements. D’ailleurs, la blemmophobie touche beaucoup de sujets entre 14 et 20 ans et les jeunes filles en majorité. Le harcèlement scolaire, les moments de gêne, les remarques déplacées des parents sont autant de petits événements qui peuvent déclencher cette phobie sociale.

Comment vaincre la blemmophobie ?

Si certaines personnes parviennent à vivre avec cette phobie, pour d’autres, cette peur pathologique peut être particulièrement handicapante. Dans ce cas-là, une prise en charge psychologique est impérative. Les thérapeutes conseillent deux approches. La thérapie cognitivo-comportementale va permettre au blemmophobe de se confronter peu à peu à ses angoisses afin de mieux les maîtriser. Les spécialistes de la santé mentale recommandent également une approche dite psychodynamique analytique. Puisque le corps est le problème, le thérapeute va proposer des activités permettant d’apprivoiser son corps et de se le réapproprier. Le théâtre et la danse sont des moyens, par exemple, d’accepter et de dépasser le regard des autres.


Sabine BOUCHOUL pour TF1 INFO

Tout
TF1 Info