Santé : s'informer sur les réseaux sociaux favorise les comportements à risque

par A. LG avec AFP
Publié le 23 novembre 2023 à 11h37

Source : JT 20h WE

Selon une enquête menée par la fondation Descartes, s'informer sur Facebook, Twitter, WhatsApp ou TikTok en matière de santé accroît les comportements à risque.
En plus du faible niveau de connaissances médicales qui en résulte, cela conduit principalement à refuser ou abandonner des soins.

En matière de santé, s'informer sur les réseaux sociaux, peut nuire... à la santé. C'est, en substance, le paradoxe pointé ce jeudi par une enquête de la Fondation Descartes spécialisée sur les enjeux liés à l'information et la désinformation. Plus en détail, chercher des informations de santé sur Facebook, Twitter, WhatsApp ou TikTok plutôt qu'auprès d'un médecin ou d'un média généraliste accroît les comportements à risque, conclut cette étude menée en partenariat avec l'Académie nationale de médecine. 

Pour arriver à ces conclusions, 4000 Français ont été interrogés afin d'établir le lien entre leurs sources d'information sur l'actualité médicale et leurs connaissances en santé ainsi que les comportements comme le refus vaccinal ou le renoncement à un traitement médical conventionnel.

Faible niveau de connaissances médicales

Un certain nombre d'assertions ont été soumises aux sondés. Certaines vraies, c'est-à-dire conformes à la connaissance médicale actuelle, d'autres fausses, non conformes donc, et circulant sur les réseaux sociaux, "consommer du citron congelé aide à combattre le diabète et certaines tumeurs", par exemple.

L'enquête menée par Laurent Cordonier, sociologue et directeur de la recherche de la Fondation Descartes, montre que les Français privilégiant les réseaux sociaux, YouTube ou des groupes WhatsApp pour s'informer sur ces sujets, ont un niveau de connaissances médicales plus faible que les autres. Une sensibilité aux croyances complotistes ou un intérêt pour les thérapies alternatives sont aussi des facteurs associés à une moins bonne connaissance, ont observé les chercheurs. 

Plus de risque de refus ou d'abandons des soins

Au-delà de leurs connaissances en santé, la manière de s'informer a aussi une influence sur le comportement de santé des personnes interrogées. Par exemple, ceux qui s'informent "souvent" à "très souvent" sur des sujets de santé via YouTube sont 2,9 fois plus nombreux que les autres à avoir déjà renoncé à un traitement médical en faveur d'une thérapie alternative. 

Les personnes qui s'informent en priorité sur TikTok sont pour leur part deux fois plus nombreuses à refuser un vaccin pour elles ou leur enfant (hors vaccin Covid) que celles qui choisissent un autre moyen d'information.

Pour rappel, depuis l'entrée en vigueur fin août de la nouvelle législation de l'Union européenne sur les services numériques (DSA), les plateformes sont tenues de veiller à la dangerosité potentielle de leurs contenus en matière de santé notamment. Ce sujet, comme le bien-être, est également devenu prioritaire pour la Miviludes, l'organisme public chargé de lutter contre les dérives sectaires. 


A. LG avec AFP

Tout
TF1 Info