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SEPT À HUIT - La résurrection de Priscille, première femme bionique de France

LG
Publié le 11 avril 2021 à 15h58, mis à jour le 12 avril 2021 à 7h47
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Source : Sept à huit

PORTRAIT - Passée tout près de la mort, amputée de trois membres, Priscille peut désormais contrôler sa prothèse de bras par la pensée. Elle raconte son incroyable parcours à Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit".

Priscille était une jeune mère de famille ordinaire. Comme de nombreux cadres dans l'audiovisuelle, elle menait une vie à 1000 à l'heure. Un rythme effréné qu'elle subissait plus qu'elle n'en profitait. En profonde dépression, elle décide un jour d'en finir. Elle saute sur les rails du métro. À son réveil, elle n'a plus de jambes ni de bras droit. Elle en veut alors à ceux qui l'on sauvée. "Comment peut-on imaginer qu'on puisse encore vivre dans cette situation là ? J'avais l'impression d'avoir un corps de verre de terre", se souvient Priscille. "Me réveiller encore en dépression et avec le corps que j'avais, c'était inconcevable."

15 ans plus tard, Priscille a repris goût à la vie. Après une opération inédite en France et plusieurs années de rééducation acharnée, elle est devenue la première femme bionique de l'hexagone alias "super Jaimie". 

Elle se souvient encore du jour où son orthoprothésiste lui a parlé de ce projet un peu fou : "Il me dit qu'il est en train d'importer une technologie révolutionnaire américaine qui permet de contrôler sa prothèse de bras par la pensée", et lui demande si elle accepte d'être la première à tester cette technologie. Réponse immédiate : oui. "Toutes les alternatives qu'on m'avaient proposées en termes de prothèses étaient longues et fastidieuses. Là j'ai senti que c'était différent, j'ai dit oui tout de suite."

La première femme bionique de France

Une technologie révolutionnaire, développée il y a vingt ans aux États-Unis qui consiste à récupérer les nerfs encore intacts sectionnés au moment de l'amputation du bras qui commanderont la prothèse. "Par exemple quand je veux ouvrir la main de ma prothèse, je pense dans ma tête "ouvrir la main", le cerveau envoie une décharge électrique au nerf radial, le nerf d'ouverture de la main, le muscle se contracte et comme il est en relation avec le capteur de la prothèse, le capteur se déclenche et la main de la prothèse s'ouvre", explique Priscille avec un sourire émerveillé. 

Une opération spectaculaire, mais qui a aussi nécessité un lourd travail de rééducation. Marcher, s'habiller seule, écrire, peindre, "j'ai tout réappris comme un enfant", plaisante-t-elle. Elle se souvient encore avec émotion du jour où elle a pu enfiler son nouveau bras, "c'est immédiat et c'est aussi l'aboutissement de deux ans de travail acharné. On a les larmes aux yeux, c'est du bonheur à l'état pur."

Je vais oser réaliser tous les rêves que je m'étais interdits jusqu'à présent"

Priscille

Grâce à la force de sa pensée et à l'aide de la science, Priscille peut désormais tourner son poignet, plier sa main, son coude et même faire des mouvements simultanés. Pour ses jambes, Priscille a des prothèses classiques. La même opération ne sera pas possible pour sa jambe droite qui a été amputée trop haut, mais peut-être pour sa jambe gauche.

Et Priscille est bien déterminée à profiter de cette nouvelle vie. "Dans cette vie, je vais oser réaliser tous les rêves que je m'étais interdits jusqu'à présent", affirme-t-elle avec conviction. Elle qui rêvait d'être peintre professionnelle s'est mise à peindre du matin au soir. Elle envisage même de peindre avec son bras droit. 

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Une victime ? Loin des stéréotypes sur le handicap, Priscille se sent comme une super héroïne. "Avec le handicap, on est souvent assimilé à la maladie ou à la mort, on nous regarde avec compassion. Et tout d'un coup ce bras permet un autre regard, comme si la technologie révélait la force plutôt que quelque chose qui manque. C'est comme si j'avais un super pouvoir", s'amuse cette femme décomplexée, qui ose jouer avec son nouveau corps. "Parfois j'aime bien mettre des robes métallisées, je la joue complètement robot."

Comme Priscille, environ 300 personnes dans le monde bénéficient de cette prothèse. 


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