Pénuries en pharmacie : que faire si mon médicament est en rupture de stock ?

par A. LG avec AFP
Publié le 3 février 2024 à 11h25

Source : JT 13h Semaine

Les tensions sur l'approvisionnement de médicaments se sont encore aggravées en 2023.
Dans ce contexte, la "débrouille" prévaut chez les pharmaciens pour pouvoir délivrer aux patients leurs prescriptions.
Appel à un confrère, au laboratoire, générique délivré en remplacement... quelques alternatives existent.

Les difficultés d'approvisionnement de médicaments, problème récurrent en France comme dans d'autres pays, ont empiré en 2023. Près de 5.000 signalements de ruptures et risques de ruptures de stocks ont ainsi été recensés par l'Agence du médicament (ANSM), soit +30% en un an. Ils ont plus que doublé par rapport  à 2021.

Si les acteurs du médicament, des industriels aux grossistes-répartiteurs en passant par les pharmaciens, ont promis de mieux s'organiser pour lutter contre les pénuries, dans une charte signée en novembre avec le ministère de la Santé, la situation reste tendue dans les officines, selon les professionnels qui font de plus en plus appel à la "débrouille".

Que faire si mon traitement est en rupture de stock ?

"On réussit généralement à trouver une solution", explique à l'AFP Fabrice Camaioni, vice-président du principal syndicat de pharmaciens d'officines FSPF, pharmacien dans les Ardennes. "Mais ça peut être une solution dégradée", souligne-t-il, évoquant la substitution du médicament préférentiel, dit de "première ligne", par un produit aux effets secondaires potentiellement plus importants, selon lui. Et de détailler les alternatives possibles : "c’est toujours la même recette : pour ce médicament que je n’ai pas, est-ce que je peux donner un générique ? Encore faut-il qu’il ne soit pas lui-même en rupture. Est-ce que je peux le trouver chez un confrère ? Les labos ont-ils une boîte pour dépanner ?".

"Certains confrères essaient de faire des petits stocks, histoire de pouvoir respirer et ne pas aller tous les jours à la pêche au manquant", explique de son côté, Florence Guer, pharmacienne à Marseille, précisant toutefois que c'est souvent peine perdue car "ce qui va manquer est toujours différent". Et de poursuivre : "On est dans une forme de bricolage (...) On se met en quatre, mais c'est épuisant."

En témoigne, une étude de l'Union de syndicats de pharmaciens d'officine (USPO), selon laquelle le temps consacré à gérer ces tensions d'approvisionnement est de l'ordre de douze heures par semaine. 

Quels sont les médicaments qui manquent le plus ?

Cette "débrouille" dont font preuve les pharmaciens vaut notamment pour les prescriptions d'antibiotiques, mais aussi antalgiques, corticoïdes, paracétamol, antidiabétiques ou vaccins. À noter également qu'un même médicament peut faire l'objet de plusieurs signalements par les acteurs concernés par la distribution des produits au cours d'une même année, a rappelé l'ANSM dans son communiqué vendredi. Si "toutes les classes de médicaments sont concernées", souligne l'Agence, "les médicaments cardio-vasculaires, les médicaments du système nerveux, les anti-infectieux et les anti-cancéreux sont plus particulièrement représentés".

Concernant l'antibiotique le plus courant, l'amoxicilline, l'ANSM constate "depuis quelques semaines, une amélioration progressive de l'approvisionnement" des pharmacies et des grossistes-répartiteurs "sur l'ensemble du territoire, en particulier sur les présentations pédiatriques". Pour d'autres antibiotiques, "tels que l'azithromycine et le cefpodoxime pédiatrique", la situation s'est en revanche fragilisée et il a été également demandé aux industriels de libérer leurs stocks, ajoute l'ANSM. 

Des causes multiples

Les causes de ce problème, récurrent depuis plusieurs années dans de nombreux pays, sont multiples : "difficultés survenues lors de la fabrication des matières premières ou des produits finis, défauts de qualité sur les médicaments, capacité de production insuffisante, morcellement des étapes de fabrication…", énumère l'ANSM. À cela s'ajoute l'augmentation des besoins en médicaments sur fond de vieillissement des populations.


A. LG avec AFP

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