Ce vendredi marque la Journée internationale du sommeil.
L'occasion, grâce à deux nouvelles études, de pointer une dégradation accrue du sommeil des Français.
Les raisons de ne pas bien dormir sont nombreuses : stress, sédentarité, écrans...

"Le sommeil est la moitié de la santé". Si le dicton dit vrai, la santé des Français va mal. C'est en tout cas ce que l'on peut retenir de deux études distinctes de l'Ifop et de l'Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), publiées ce vendredi à l'occasion de la 23ᵉ Journée internationale du sommeil. Selon la première de ces deux enquêtes, réalisée sur un échantillon de 1007 personnes, sept personnes sur dix souffriraient de troubles du sommeil contre quatre sur dix en 2021. Les moins de 50 ans (35%) seraient davantage concernés par la dégradation de leur sommeil que leurs aînés (26%).  

Le constat est tout aussi alarmant pour la seconde selon laquelle plus d'un tiers des personnes ne sont pas satisfaites de la qualité de leur sommeil et plus de huit sur dix se réveillent au milieu de la nuit. Cette dernière permet également de confirmer une dégradation accrue du sommeil depuis 2015, et notamment depuis la crise du Covid.

Les dépressifs insomniaques et vice-versa

La guerre en Ukraine, l'inflation, le conflit lié à la réforme des retraites ou encore l’éco-anxiété sont autant d'autres sources de stress évoquées par les sondés, toujours selon l’INSV qui pointe un lien de cause à effet entre ces dernières et la dégradation de la qualité du sommeil. De fait, si les problèmes de sommeil exacerbent les troubles anxieux et dépressifs, l’inverse se vérifie également. Ainsi, quand 30% des personnes dépressives déclarent souffrir d’insomnie, 23% des insomniaques sont traités pour dépression. De même, les problèmes d’insomnie concernent 35% des personnes anxieuses et 54% des insomniaques déclarent souffrir d’anxiété. 

Dans ce contexte, les experts du sommeil rappellent que les médicaments ne sont pas une solution à long terme. Il convient plutôt de modifier certaines habitudes bien ancrées, elles aussi néfastes pour un sommeil réparateur. À commencer par celles qui concernent les écrans, qu'il s'agisse aussi bien de la télévision que des smartphones. 

Ecrans, ennemis numéro un de nos nuits

Selon l'étude menée par l'Ifop, la moitié des Français regarderaient la télévision ou des vidéos avant de se coucher et 49% consulteraient leur téléphone. Plus en détail, 61% des moins de 35 ans regarderaient des vidéos avant de se coucher et 71% utiliseraient leur téléphone dans leur lit. Or, l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance est formel : la lumière bleue qui en émane nuirait considérablement à nos cycles de sommeil qui seraient moins profonds et donc moins réparateurs pour notre organisme. 

Suivant cette logique, il est recommandé d'éviter la consommation d'excitants comme le café à des heures trop tardives lorsqu'on est sujets à des troubles du sommeil. La pratique d'une activité physique peut elle aussi s'avérer salutaire, la sédentarité pouvant expliquer en partie la survenue de troubles du sommeil mais attention à ne pas la pratiquer juste avant de se coucher au risque de dérégler votre température corporelle. Tout comme la pratique de la relaxation, alors que nous mettons en moyenne 40 minutes de plus à nous endormir.

L'étude de l'Institut National du Sommeil et de la Vigilance est aussi l'occasion de se défaire de certaines idées reçues, comme le fait que boire de l'alcool le soir les aide à s'endormir, que seules les heures de sommeil avant minuit sont réparatrices, que des grasses matinées valent mieux que des siestes ou encore que le meilleur moyen de faire passer une insomnie est de rester couché. 


Audrey LE GUELLEC

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