Les maladies de l’enfance

Streptocoques A : que sont ces bactéries qui inquiètent la France et le Royaume-Uni ?

A.B
Publié le 6 décembre 2022 à 17h26, mis à jour le 7 décembre 2022 à 15h15
JT Perso

Source : TF1 Info

La France et le Royaume-Uni sont confrontés à une hausse inhabituelle des infections aux streptocoques A.
Ces bactéries sont notamment à l'origine des angines et de la scarlatine.
Elles peuvent provoquer des infections graves.

C'est une hausse qui inquiète. La Direction générale de la santé a alerté (DGS), mardi 6 décembre, sur une hausse inhabituelle des infections aux streptocoques A chez les enfants en France. Selon les autorités sanitaires, au moins deux seraient morts des suites de cette infection ainsi qu'un adulte, alors qu'un nombre de contaminations plus important qu'habituellement a été signalé en Occitanie, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Nouvelle-Aquitaine ces 15 derniers jours. Le Royaume-Uni est touché depuis plusieurs semaines par ce phénomène, avec la mort confirmée d'au moins six enfants après une infection à ces bactéries.

Qu'est-ce que les streptocoques A ?

Les streptocoques sont classés en deux catégories. Ceux de classe A, qui inquiètent aujourd'hui, peuvent provoquer des infections bénignes comme des otites ou des conjonctivites. Ils sont également responsables de la scarlatine - l'une des principales maladies infantiles - ou des toxi-infections alimentaires, détaille le CNRS. Les contaminations, la plupart du temps sans gravité, sont courantes. Elles peuvent toutefois se développer et engendrer des cas graves pour les angines ou la scarlatine.

Les autres bactéries de cette famille, les streptocoques B, sont de leur côté responsables des méningites, des péritonites ou des septicémies. Les streptocoques A et B, précise l'institut Pasteur, ne causent des symptômes que "dans certaines conditions" ou "chez les personnes à risque". Ces bactéries ne se transmettent qu'entre être humains, notamment lorsqu'une personne infectée éternue ou tousse, les propageant ainsi dans l'air. Les contacts avec des plaies cutanées infectées peuvent aussi être un moyen de transmission.

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Comment les traitent-on ?

Si aucun vaccin n'existe, les bactéries sont la plupart du temps traitables avec des antibiotiques et notamment la pénicilline ou l'amoxicilline. Problème : ce dernier traitement est en tension en France, alors que plusieurs organisations de médecins - infectiologues et pédiatres - ont prévenu que la pénurie dont est l'objet l'amoxicilline risque de provoquer une grave crise de santé publique chez les enfants. Or, contrairement à des maladies infantiles d'origine virale comme la bronchiolite, dont l'épidémie devrait prochainement atteindre son pic, les infections à streptocoques A ont besoin de ces traitements pour être soignées à temps.

Dans ce contexte, la DGS a prévu de "préciser les recommandations de prise en charge des cas et des personnes contacts, notamment dans le contexte actuel de tensions sur l'amoxicilline". Toutefois, depuis quelques années, les bactéries sont de plus en plus résistantes à ces traitements. En France, précise l'Institut Pasteur, les infections à streptocoques A sont en augmentation depuis les années 2000, le taux d'incidence étant passé de 1,2 à 3,3/100.000.

Pour tenter de soigner au plus tôt les infections, les autorités sanitaires appellent les parents à faire examiner et tester au plus vite leurs enfants atteints d'une angine et de la scarlatine, dès l'apparition de premiers symptômes importants. 

À quoi est due la hausse des infections graves ?

Il faut dire qu'en ce début de mois de décembre, les soignants ont fait remonter une "recrudescence de formes graves et de décès (...) consécutifs à une infection à streptocoque A chez plusieurs enfants, depuis quelques semaines", a prévenu la Direction générale de la santé. Au Royaume-Uni, au moins six décès d'enfants ont été attribués à une infection aux streptocoques A. 

Les autorités britanniques comme françaises jugent improbable que cette recrudescence soit due à l'émergence d'une nouvelle souche bactérienne plus dangereuse. L'université de Reading a avancé une piste pour expliquer cette hausse des cas : le manque de contacts, lié à la pandémie de Covid-19, "peut avoir provoqué une baisse de l'immunité à l'échelle de la population qui pourrait augmenter la transmission, en particulier chez les enfants d'âge scolaire".


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