La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Covid-19 : le froid peut-il fausser les résultats des tests ?

Idèr Nabili
Publié le 27 janvier 2022 à 17h52, mis à jour le 28 janvier 2022 à 7h03

Source : TF1 Info

De nombreux Français réalisent un test antigénique en extérieur, à proximité des pharmacies.
Or, des températures trop froides pourraient fausser le résultat.
Les autorités rappellent qu'un test fiable doit respecter les conditions d'utilisation et de conservation.

La température va-t-elle perturber la lecture de la pandémie ? Depuis de longues semaines, le nombre de nouveaux cas quotidiens de Covid-19 se compte en centaines de milliers. Dès lors, avec la multiplication des contaminés et des cas contacts, les demandes de tests s'accumulent. La semaine dernière, près de onze millions ont été réalisés dans le pays, des chiffres jamais atteints avant la cinquième vague. Les files d'attente dans les centres de dépistage ne désemplissent pas, celles devant les tentes à proximité des pharmacies non plus.

Pourtant, les températures, elles, ont chuté. Dans de nombreuses régions, le thermomètre ne dépasse plus les 5 °C, et devient même négatif dans certains territoires. Pas de quoi démotiver les Français en quête d'un dépistage... qui pourrait être faussé. Car pour qu'un test soit considéré comme fiable, il doit respecter les conditions de conservation, remises en cause par les températures hivernales.

L'utilisation non conforme remet en cause la fiabilité

"Il ne faut pas stocker les tests au froid", explique dans les colonnes du Parisien Gilles Bonnefond, porte-parole de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine. "La notice indique une plage de température entre 2 et 30 °C. Si les tests ont été gelés, cela dégrade complètement la matrice", et fait courir un risque de résultat positif, même chez un patient non contaminé par le virus. Or, les barnums à proximité des pharmacies n'empêchent pas le froid de passer. De quoi compliquer le stockage des échantillons.

La Direction générale de la santé précise que la température de conservation requise dépend des fabricants. Mais "afin de garantir les performances des tests, il est indispensable que les conditions de stockage, de conservation et d'utilisation soient respectées conformément à leur notice d'utilisation", insiste-t-elle. "Une utilisation non conforme aux préconisations de la notice constitue un 'mésusage' et ne permet pas de garantir les performances du dispositif et un résultat fiable."

"À 2 °C, le risque de faux positif est plus important"

Lionel Barrand, président des Biologistes médicaux, pointe une autre faille : outre le stockage, la température au moment de l'analyse du test peut aussi entraîner un résultat faussé. "Plusieurs éléments peuvent interférer", explique-t-il auprès de TF1info. "Si vous versez une boisson à bulle ou acide sur un test antigénique ou un autotest, le résultat peut être positif. C'est pareil pour le froid."

Ce phénomène peut se produire même en cas de températures positives. "Selon les fabricants, les tests sont prévus pour être utilisés à température ambiante. Si vous le réalisez à 2 °C, il y a plus de risque d'interférence, donc de faux positif", poursuit Lionel Barrand. "Cela a déjà été décrit, notamment lors de la première vague. En biologie, 70% des erreurs sont liées à la partie qui précède l'analyse. L'hiver, dans les barnums, c'est donc inquiétant, il faut faire attention."


Idèr Nabili