FOCUS - L'Organisation mondiale de la Santé a officiellement recommandé vendredi, un troisième traitement contre le Covid-19, mais seulement dans certains cas : les anticorps de synthèse de Regeneron. Zoom sur ce cocktail anti-Covid déjà prescrit à Donald Trump.

L'Organisation mondiale de la Santé ouvre la voie à un troisième traitement contre le Covid-19. Mais sous conditions. Selon un avis des experts de l'OMS publié dans la revue médicale The BMJ, les anticorps de synthèse de Regeneron sont recommandés d'une part chez "les patients avec des formes non sévères du Covid qui sont à haut risque d'hospitalisation", comme les personnes âgées ou celles dont le système immunitaire est affaibli par un cancer ou après une greffe d'organe, par exemple.

D'autre part, le traitement est recommandé chez les patients atteints "d'une forme sévère ou critique et qui sont séronégatifs, c'est-à-dire qui n'ont pas développé leur propre réponse en anticorps" malgré l'infection. Mais sur quoi reposent ces recommandations et comment fonctionne ce "cocktail" ? On fait le point.

Comment fonctionne ce traitement ?

Conçu par la société de biotechnologies Regeneron et commercialisé par le laboratoire Roche sous le nom de Ronapreve, ou REGN-COV2, ce traitement combine deux anticorps dits "monoclonaux" fabriqués en laboratoire, le casirivimab et l'imdevimab. Injectés uniquement à l'hôpital en intraveineuse, ils sont censés épauler le système immunitaire pour neutraliser le coronavirus. Plus en détail, les anticorps de synthèse s'attaquent aux petites pointes qui se trouvent à la surface du virus. 

Ils sont déjà utilisés depuis des années contre certains cancers. L'ancien président des Etats-Unis, Donald Trump, avait d'ailleurs reçu ce traitement quand il avait attrapé le Covid dès octobre 2020.

D'où viennent ces recommandations ?

Les nouvelles recommandations que l'OMS émet au sujet des anticorps de Regeneron se basent sur les résultats de plusieurs essais cliniques. Dans le premier cas, ces essais, dont les résultats n'ont pas encore été publiés, montrent que le Ronapreve "réduit probablement le risque d'hospitalisation et la durée des symptômes chez les patients à plus haut risque de formes sévères" du Covid. La deuxième recommandation est motivée par les résultats du vaste essai britannique Recovery. Ils montrent que ces anticorps de synthèse "réduisent probablement" le risque de mourir et d'être placé sous ventilation artificielle chez les patients qui n'ont pas développé leurs propres anticorps. 

"Pour tous les autres types de patients Covid-19, il est peu probable que les bénéfices apportés par ce traitement aux anticorps soient significatifs", écrit The BMJ dans le communiqué de presse qui accompagne l'avis de l'OMS. L'Organisation mondiale de la santé appelle donc à ne pas donner le traitement aux patients qui ont développé des anticorps, pour en assurer un accès plus équitable à travers le monde.

Déjà (temporairement) autorisé en France

Pour rappel, en France, le traitement à base d’anticorps monoclonaux a déjà fait ses preuves contre le Covid-19. Mi-mars, des autorisations temporaires avaient ainsi été délivrées pour traiter précocement des adultes susceptibles de développer des formes graves de la maladie. Plus de 1.000 patients en avaient alors profité, rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Or, l'un des deux médicaments concernés par cette première autorisation en France de bithérapies à base d'anticorps de synthèse concernait justement la combinaison de casirivimab et d'imdevimab du laboratoire Roche codéveloppée par Regeneron.

Coût élevé et faible disponibilité

Ces derniers mois, des ONG ont dénoncé le prix élevé du Ronapreve, qu'elles évaluaient à environ 2.000 dollars (1.700 euros) la dose. "Etant donné le coût élevé et la faible disponibilité de ce traitement, (l'agence internationale d'achat de médicaments) Unitaid est en train de négocier avec le laboratoire Roche (...) pour obtenir des prix plus bas et une distribution équitable à travers toutes les régions, en particulier les pays à faible et moyen revenu", a souligné l'OMS dans un communiqué distinct.

L'OMS demande aussi au laboratoire de "transférer sa technologie pour permettre la fabrication de versions équivalentes de ce traitement, afin que tous les patients qui en ont besoin puissent y avoir accès".


ALG

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