Un chercheur français passe aux rayons X le cerveau de 40 pédophiles

Publié le 22 juin 2015 à 16h04
Un chercheur français passe aux rayons X le cerveau de 40 pédophiles

CERVEAU HUMAIN - Depuis quatre ans, des chercheurs français analysent le cerveau de 40 patients pédophiles par imagerie médicale. Les résultats de leurs recherches devraient être publiés d'ici à la fin de l'année.

Étudier le cerveau pour mieux comprendre ce qu'il se passe dans la tête d'un pédophile. Durant quatre ans, un chercheur français de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale ( Inserm ) a analysé dans son laboratoire le cerveau de 40 personnes pédophiles grâce à des techniques de neuro-imagerie fonctionnelle, rapporte le site Rue89 .

L'objectif ? Découvrir si des zones du cerveau liées au désir et à l'excitation sexuelle s'activent dans le cerveau des pédophiles à la vue d'images d'enfant (en maillot de bain, par exemple). Pour arriver à ces conclusions, le chercheur Serge Stoléru a suivi 40 patients pédophiles volontaires à qui il a associé un témoin sans problèmes cliniques de ce type, du même âge avec la même orientation sexuelle.

"Chaque personne pédophile qui participe à l’étude a un sujet témoin qui a le même âge, à très peu de chose près le même QI, la même orientation sexuelle (attirance sexuelle vers les fillettes pour le patient, vers les femmes adultes pour le témoin ; attirance sexuelle vers les garçonnets pour le patient, vers les hommes adultes pour le témoin) et le même niveau de désir", précise Serge Stoléru, interrogé par Rue89.

"Une partie des personnes pédophiles souffrent authentiquement"

Les premières conclusions de l'étude devraient tomber fin 2015. À travers ses travaux, le chercheur entend démontrer qu'il existe "une façon de prévenir le passage à l'acte et la souffrance mentale chez l'enfant victime d'actes pédophiles puis chez la personne qu'il devient". D'après lui, "une partie des personnes qui présentent une pédophilie souffrent authentiquement".

Les résultats de l'étude pourraient apporter un nouvel éclairage sur cette déviance, espère le chercheur, qui évalue à 1% la proportion des pédophiles dans la population. "Savoir tout cela peut aider à un niveau psychothérapeutique", a-t-il déclaré à Rue89, en précisant toutefois qu'aucun traitement médicamenteux ne pourrait être mis au point à l'issue de leurs travaux.

"Avoir été victime d’abus dans l’enfance est un facteur de risque énorme"

Citant en exemple l'Allemagne, Serge Stoléru estime qu'il faut davantage de prévention. Outre-Rhin, des centres proposent aujourd'hui de prendre en charge ces patients en leur proposant une forme de thérapie. Et des spots publicitaires ont été diffusés à la télévision et à la radio dès 2004 pour informer les personnes pédophiles qu'il existait un programme à l'hôpital de Berlin pour évaluer les symptômes et mettre en place une thérapie adaptée

Ce n'est pas la première fois que des chercheurs s'intéressent au cerveau des pédophiles. On sait déjà qu'il existe des différences au niveau des câbles neuronaux du cerveau entre une personne pédophile et une personne qui ne l'est pas, comme l'a démontré une équipe de scientifiques canadiens . Mais les facteurs de cette pathologie restent encore méconnus. La part génétique, selon plusieurs études scandinaves, existerait mais elle serait faible. "Les causes sont plutôt environnementales, estime le chercheur français. Le fait d’avoir soi-même été victime d’abus dans l’enfance est un facteur de risque énorme."

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Matthieu DELACHARLERY

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