Bronchiolite : les urgences pédiatriques saturées

Urgences pédiatriques : des services à saturation sur fond d'épidémie de bronchiolite

TD avec AFP
Publié le 1 novembre 2022 à 15h59
JT Perso

Source : JT 20h WE

L'épidémie de bronchiolite qui touche la France met sous haute tension les urgences pédiatriques.
Les professionnels de santé réclament des moyens et décrivent un système de santé à l'agonie.
Le gouvernement, qui a mis 150 millions d'euros sur la table, peine à calmer la grogne des soignants.

"Les services d'hospitalisation débordent [...] Il est urgent de pouvoir rouvrir des lits dans les services de pédiatrie en arrêtant la fuite des soignants et en recrutant des jeunes passionnés." Ces mots, sévères, sont tirés d'une lettre adressée à Emmanuel Macron voilà une dizaine de jours. Un courrier signé par environ 7000 soignants et qui entend mettre en lumière les fragilités du système de santé français. 

La bronchiolite comme détonateur

L'épidémie de bronchiolite continue à s'étendre dans l'Hexagone, si bien que "la quasi-totalité de la métropole est désormais en épidémie", a indiqué la semaine passée l'agence Santé publique France. Les soignants l'ont constaté en première ligne, décrivant des services déjà "exsangues" jusqu'alors, et fragilisés par "un nombre toujours plus important de postes de personnels paramédicaux et médicaux" restés "vacants". Beaucoup attendent aujourd'hui une réponse de l'État, dénoncent des conditions de travail et une prise en charge inadaptées, qu'ils imputent à une "inaction politique irresponsable".

Ils mettent en avant des hospitalisations d’enfants dans des lieux non adaptés, des reports d’interventions chirurgicales programmées, mais également des sorties prématurées d’hospitalisation. À cela s'ajoutent des transferts éloignés : l'ARS d'Île-de-France, par exemple, a indiqué que 28 enfants avaient été orientés vers des services de réanimation d'autres régions afin de bénéficier d'une prise en charge. Une situation intenable, aux yeux des soignants, qui déplorent une "mise en danger des enfants". La région parisienne n'est pas seule touchée, assurent les soignants, qui observent des signaux d'alerte "partout en France". L'épidémie de bronchiolite, qui accentue les tensions, est d'ailleurs observée partout en métropole, à l'exception de la Corse.

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Ce mardi, le ministre de la Santé est François Braun était en déplacement à l’hôpital Necker (APHP), à Paris, afin d'évoquer ces sujets de tension. Une visite au cours de laquelle il a rappelé certains des engagements pris par le gouvernement la semaine passée. Un "plan d'action immédiat" a en effet été mis sur la table, prévoyant le déblocage de 150 millions d'euros pour l'ensemble des services décrits comme "en tension" à l'hôpital. Au sortir de ce déplacement, le ministre a assuré qu'il allait "travailler sur l'avenir de la filière pédiatrie", avec notamment des "assises de la pédiatrie" qui se tiendront "au printemps". Il s'agira alors de "faire le point sur la feuille de route de la refondation de cette filière de santé de l'enfance". Il a évoqué une "prolongation du plan des 1000 jours mis en place sous le quinquennat précédent". Des représentants du secteur de la pédiatrie sont par ailleurs attendus ce mercredi au ministère pour poursuivre le dialogue. 

Le fait que les 150 millions d'euros évoqués n'aient pas été réservés à la seule pédiatrie laisse certains professionnels sceptiques. "Cela veut dire qu'il n'y aura que des miettes pour la pédiatrie", avait réagi sans tarder la semaine passée le Pr Stéphane Dauger, chef du service de réanimation pédiatrique de l’hôpital pour enfants Robert-Debré. "Il faut des mesures immédiates, à commencer par accorder des primes aux puéricultrices", estimait-il, mettant en avant les compétences très spécifiques des soignants en pédiatrie, ainsi que la difficulté à les remplacer en cas d'absence ou de départ.

Neuropédiatre à l'hôpital Necker à Paris, Mélodie Aubart souhaite également une mobilisation plus importante de la puissance publique. Elle appelle l'État à prendre des "mesures fortes, structurelles, urgentes" et décrit une situation critique dans les urgences pédiatriques : "On a l'impression d'être sur le Titanic, et le gouvernement écope avec une cuillère en plastique", a-t-elle regretté ce mardi sur France Info. 


TD avec AFP

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