Tous les voyants clignotent déjà au rouge, et pourtant, l'épidémie de bronchiolite ne fait que commencer.
Le nombre d'hospitalisations est plus élevé qu'habituellement, confirmant le scénario d'une épidémie précoce.
Une vague qui intervient alors que les services d'urgences pédiatriques manquent de personnel.

Dans un contexte déjà marqué par une crise des urgences pédiatriques, l’épidémie de bronchiolite a pris encore de l'ampleur ces derniers jours en France. "La quasi-totalité de la métropole est désormais en épidémie", résume l'agence Santé publique France, dans son dernier bilan hebdomadaire publié mercredi 26 octobre. 

En métropole, pour l’instant, seule la Corse n'est pas encore frappée par l'épidémie de bronchiolite, mais la région est désormais considérée en phase préalable. Tandis qu’en Outre-mer, où l'épidémie est déjà à l'œuvre en Guyane, elle a dorénavant gagné la Guadeloupe et la Martinique, indique Santé publique France.

Courante et très contagieuse, la bronchiolite provoque chez les bébés une toux et une respiration difficile, rapide et sifflante. La plupart du temps bénigne, elle peut néanmoins nécessiter, dans certains cas, un passage aux urgences, voire une hospitalisation.

Plus de 1400 hospitalisations la semaine dernière

Au cours de la semaine du 17 au 23 octobre, uniquement sur la métropole, 4311 enfants de moins de deux ans sont passés aux urgences pour bronchiolite, un bond de presque moitié par rapport à la semaine précédente. Plus de 1400 ont finalement été hospitalisés. 

La majorité des bronchiolites (...) se soignent avec le médecin traitant
Le ministre de la Santé, François Braun

Le nombre d'hospitalisations est ainsi plus élevé que ce qui est habituellement observé en octobre, confirmant le scénario d'une épidémie plus précoce pour la deuxième année d'affilée (en 2021, au plus fort de l'épidémie, 2000 hospitalisations étaient enregistrées chaque semaine). 

Pour désengorger les urgences pédiatriques, le ministre de la Santé, François Braun, a lancé un appel à tous les parents, les invitant à privilégier leur médecin de famille. "La majorité des bronchiolites (...) se soignent avec le médecin traitant. Il ne faut donc pas se précipiter vers les services de pédiatrie, rajouter du monde et de la confusion", a-t-il expliqué.

Un plan d'urgence doté de 150 millions d'euros

La crise qui touche actuellement les services d'urgences pédiatriques (et qui n'est pas nouvelle) est notamment liée à des conditions de travail insatisfaisantes et un manque de personnel. Des milliers de soignants ont dénoncé ce week-end une "perte de sens" à cause d'une "inaction politique irresponsable"

Le gouvernement a répondu par l'annonce d'un plan d'urgence de 150 millions d'euros, sans satisfaire pour autant les protestataires qui jugent toujours irrésolus les problèmes de fond. Avec la crise covid, les départs de soignants se sont accélérés. Or, la plupart du temps, ils n'ont pas été remplacés, d'où la colère des personnels.


La rédaction de TF1info

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