Covid-19 : la France face à la 7e vague

Vacances scolaires, températures élevées... Ces conditions peuvent-elles endiguer la 7e vague de Covid-19 ?

Idèr Nabili
Publié le 5 juillet 2022 à 13h58
JT Perso

Source : Les MATINS LCI

Depuis le début du mois de juin, la France connaît sa septième vague de Covid-19.
L'arrivée des vacances scolaires et les températures estivales peuvent-elles contribuer à l'endiguer ?
L'infectiologue Benjamin Davido a répondu aux questions de TF1info.

Plus de 30 mois après son émergence dans le pays, le Covid-19 est toujours dans le quotidien des Français. Malgré un répit au mois de mai, le nombre de cas est reparti à la hausse depuis le début du mois de juin, au point de dépasser les 100.000 contaminations quotidiennes, une première depuis la mi-avril. La tendance est d'ailleurs à la hausse rapide, le taux d'incidence grimpant de 60% d'une semaine à l'autre.

Outre les gestes barrières habituels, doit-on compter sur les températures estivales pour mettre fin à cette septième vague ? Pas totalement, explique à TF1info Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches (Hauts-de-Seine). D'abord, l'histoire de la pandémie a montré que l'été n'était pas un facteur suffisant pour empêcher une forte circulation du virus. "Par le passé, nous avons déjà connu une vague Delta en plein été", rappelle l'infectiologue, en l'occurrence en 2021. "Et aujourd'hui, la vague est ascendante en plein été."

"Masque et autotests" plutôt que "masque et tuba"

"Avec ces variants particulièrement contagieux, la saison ne suffira pas" à endiguer la hausse, prévient Benjamin Davido. "Nous ne pouvons d'ailleurs pas uniquement raisonner en termes de températures. Le Brésil ou la Floride (États-Unis) sont des endroits où il fait bon vivre, mais très meurtris par le Covid-19. Et rappelons que des études ont montré, dès 2020, que le virus était peu sensible aux fortes températures. Alors oui, nous ne sommes pas en plein mois de février, lorsque nous vivons en intérieur et que les espaces clos ne sont pas aérés. La saisonnalité nous aidera en ce sens, mais cela ne sera pas suffisant pour annihiler la vague."

Faut-il alors espérer que l'arrivée des vacances vienne, elle, perturber la diffusion du virus ? "Je résumerais la fermeture des établissements scolaires à un incubateur à virus dont nous allons fermer le robinet", admet l'infectiologue. "Mais les vacances demeurent aussi un moment de brassage, d'événements, de rapprochements entre des familles et amis éloignés, en grand nombre. Arithmétiquement, la probabilité de transmission augmente puisque les contacts sont plus nombreux. Pour se rendre sur leur lieu de villégiature, certains vont également prendre l'avion. Or, l'aéroport est une plateforme de brassage de population, de différents variants, de différents pays."

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Dans ces conditions, Benjamin Davido compte surtout sur le port du masque pour aplanir la courbe des contaminations dans les prochaines semaines. "La seule chose qui va nous protéger, c'est le masque dans les situations de contacts avec une personne malade", assure-t-il. "Sur les lieux de vacances, ce ne sera pas masque et tuba, mais plutôt masque et autotests. Le masque pour les malades et les tests vont peut-être freiner la circulation du virus."


Idèr Nabili

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