Covid-19 : le défi de la vaccination

Vaccin AstraZeneca : un risque "rare" de thrombose atypique confirmé par l'Agence du médicament

V. F
Publié le 26 mars 2021 à 22h14, mis à jour le 26 mars 2021 à 22h56
Vaccin AstraZeneca : un risque "rare" de thrombose atypique confirmé par l'Agence du médicament

Source : LOIC VENANCE / AFP

SOUPÇONS - L'Agence du médicament a confirmé ce vendredi l'existence d'un risque "rare" de thrombose atypique associé au vaccin contre le Covid-19 d'AstraZeneca, après la survenue de nouveaux cas en France, dont deux décès.

L'Agence du médicament (ANSM) a confirmé ce vendredi l'existence d'un risque "rare" de thrombose atypique associé au vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, après la survenue de nouveaux cas en France. "Neuf cas de thromboses des grosses veines, atypiques par leur localisation (cérébrale en majorité, mais également digestive), pouvant être associés à une thrombopénie - diminution du nombre de plaquettes dans le sang, NDLR - ou à des troubles de coagulation ont été déclarés", soit six de plus que la semaine précédente, indique l'ANSM, qui souligne toutefois que la balance bénéfice/risque reste "favorable".

Un caractère atypique

Parmi ces cas, "deux décès" ont été rapportés entre le 12 et le 18 mars, dont celui d'un étudiant en médecine nantais mort le 18 mars plusieurs jours après avoir été vacciné, mentionné lundi soir par l'ANSM dans un communiqué et pour lequel des analyses complémentaires sont en cours, dans le cadre d'une enquête judiciaire. "Le caractère très atypique de ces thromboses, leurs tableaux cliniques proches et le délai de survenue homogène conduisent le comité de suivi à confirmer la survenue, très rare, de ce risque thrombotique chez les personnes vaccinées par le vaccin AstraZeneca", explique l'agence sanitaire. Ces cas sont survenus "dans un délai médian de 8,5 jours après la vaccination chez des personnes sans antécédents particuliers identifiés à ce jour", ajoute-t-elle, précisant que sept patients avaient moins de 55 ans et deux, plus de 55 ans. 

Le vaccin développé par le laboratoire suédo-britannique et l'université d'Oxford avait été suspendu le 15 mars par plusieurs pays européens après le signalement de cas de caillots sanguins, parfois mortels. La France a levé cette suspension le 19 mars, après un avis de l'Agence européenne des médicaments (EMA) le jugeant "sûr et efficace" et affirmant que sa balance bénéfice/risque face à l'épidémie de Covid-19 était positive. La Haute autorité de santé a toutefois recommandé de le réserver aux personnes de 55 ans et plus, car jusqu'alors les cas de thrombose veineuse cérébrale avaient uniquement été observés chez des moins de 55 ans.

De son côté, l'EMA avait conclu que le vaccin n'était pas associé à une augmentation du risque global de caillots sanguins, mais qu'un "lien possible avec deux formes très rares de caillots sanguins (coagulation intravasculaire disséminée (CIVD) et thromboses des sinus veineux cérébraux) associés à un déficit en plaquettes sanguines ne (pouvait) pas être exclu à ce stade". "Un groupe d'experts" de l'EMA étudie "le mécanisme d'action, les éventuels facteurs de risque sous-jacents et toute donnée supplémentaire pour expliquer les événements observés", rappelle l'ANSM.

Sur 1,4 millions de vaccins AstraZeneca injectés en France au 18 mars, environ 5700 effets indésirables ont été analysés par les centres de pharmaco-vigilance, en "grande majorité" des "syndromes pseudo-grippaux, souvent de forte intensité" (fièvre, maux de tête, courbatures).


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