L'Académie de médecine vient de reprendre à son compte une recommandation de l'OMS concernant le vaccin contre la grippe.
Elle suggère de revenir aux vaccins trivalents dès la prochaine campagne.
Mais l'application de ce changement dès le mois d'octobre semble compliquée.

L'épidémie annuelle de grippe, qui avait commencé en métropole vers la fin novembre 2023, s'est achevée près de quatre mois plus tard, au début du printemps. L'été 2024 n'est pas encore là que les autorités de santé se tournent déjà vers l'automne et la prochaine saison épidémique. Dans un récent communiqué, l'Académie nationale de médecine appelle ainsi à modifier la composition des vaccins contre la grippe, reprenant à son compte une communication du Comité consultatif de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), datant de février dernier. En cause :  l'évolution du virus et la disparition progressive de la souche virale B/Yamagata.

Pourquoi ce changement ?

Considérant que cette dernière n’est plus en circulation, l'OMS comme l'Académie recommandent donc d'ôter la souche en question du sérum injecté lors de la campagne de vaccination, et ce dès la prochaine saison hivernale. "Aucune détection de virus de la lignée B/Yamagata n'a été confirmée depuis mars 2020", explique l'avis de février, rappelant que la composition des vaccins doit être actualisée, car "les virus grippaux évoluent constamment". Et de poursuivre : "Suite à la recommandation de l'OMS de septembre 2023, le comité consultatif de l'OMS sur la composition des vaccins antigrippaux estime que la lignée B/Yamagata devrait être exclue des vaccins antigrippaux".

En d'autres termes, alors que les vaccins antigrippaux les plus couramment utilisés "sont de type trivalent (trois souches) et quadrivalent (quatre souches)", elle conseille d’utiliser désormais des vaccins préparés avec trois souches, à savoir H1N1, H3N2 et Lignée B/Victoria, et d’abandonner les vaccins dits quadrivalents contenant la souche dite lignée B/Yamagata. 

La protection des seniors en jeu

"Afin de ne pas priver les personnes les plus fragiles d’une protection renforcée contre la grippe, l’Académie nationale de médecine suggère que le retour aux vaccins trivalents soit mis à profit pour produire une formulation HD trivalente, dont la surveillance de l’efficacité devra être mise en œuvre et dont le juste prix devra être déterminé et que ce retour aux vaccins trivalents soit mis en œuvre, conformément à la recommandation de l’OMS, si possible dès la prochaine campagne de vaccination dans l’hémisphère nord", détaille de son côté l'Académie dans un communiqué du 15 mai relayé sur X, anciennement Twitter ce 21 mai.

Pour rappel, le vaccin antigrippal quadrivalent haute dose Efluelda a été retiré du marché français faute d’accord sur son prix. Or,  l’Académie nationale de médecine déplore une annonce qui "compromet l’efficacité de la prochaine campagne vaccinale chez les personnes âgées" tandis que la Société française de gériatrie et de gérontologie pointe "une perte de chance énorme pour les patients âgés".

Dans ce contexte, l'Académie de médecine recommande que l’accès des personnes les plus fragiles au vaccin haute dose soit préservé lors de la prochaine campagne de vaccination, et appelle à un renforcement du dialogue entre les autorités sanitaires et le laboratoire Sanofi, le passage à des vaccins trivalents pouvant être l'occasion de revoir les conditions de mise à disposition d’Efluelda en France.

Quid du timing ?

De fait, le retour à des vaccins antigrippaux trivalents a peu de chance d'être effectif dès l'automne prochain. Pour rappel, avant sa mise sur le marché, un vaccin doit en effet être validé par l'Agence européenne des médicaments (EMA) puis l’Agence européenne du médicament et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). 


A. LG

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