L'info passée au crible

Non, Sanofi n'a pas reconnu que l'ARN messager "n'a pas fait ses preuves"

Felicia Sideris
Publié le 27 juillet 2021 à 7h12
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Source : JOEL SAGET / AFP

ANTIVAX - Des internautes assurent ce dimanche que le PDG de Sanofi aurait renié la technologie à ARN messager, utilisée pour certains vaccins contre le Covid-19. C'est une mauvaise interprétation.

C'est l'une des raisons de la défiance envers les vaccins contre le Covid-19 : l'ARN messager. Longtemps au cœur de nombreux fantasmes, cette technologie utilisée par les produits de Pfizer et Moderna continue à engendrer la crainte chez certains Français, qui préfèrent alors "attendre" un futur vaccin de Sanofi, jugé plus "classique".

Preuve ultime selon certains qu'il vaut mieux se fier à ce vaccin, le PDG de l'entreprise pharmaceutique française aurait lui-même reconnu le manque de fiabilité de cette technologie. Certains accusent en effet Olivier Bogillot d'avoir déclaré ne pas vouloir utiliser l'ARN messager car "ça n'a pas fait ses preuves"et  qu'on "ne sait pas si ça va marcher" . Une phrase déformée et sortie de son contexte.

Sanofi investit dans l'ARNm

En remontant la source citée par cette internaute, on retrouve une interview du président de Sanofi France, Olivier Bogillot. Interrogé ce dimanche 25 juillet sur Europe 1, il est revenu sur le retard pris par l'entreprise française dans la course au vaccin contre le Covid-19. Promettant qu'il y aura bien "un vaccin français" avant la fin d'année, il est revenu sur les arbitrages faits par l'entreprise au moment de lancer ses recherches. "On ne choisit pas l'ARN messager, parce que jusqu'au Covid-19, ça n'a jamais fait ses preuves, on ne sait pas si ça va marcher", explique-t-il. Dès lors "au moment de faire [le] choix" de la technologique qui sera utilisée pour un candidat vaccin, les chercheurs préfèrent se pencher sur les protéines recombinantes. "On fait ce choix-là parce qu'on maîtrise cette technologie."

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CLe chef de Sanofi n'a donc pas du tout renié l'ARN messager. Au contraire. L'entreprise s'est lancée dans de vastes programmes utilisant cette technologie. Elle a annoncé le mardi 29 juin dernier vouloir dépenser plus de deux milliards d'euros pour se positionner dans ce domaine. Olivier Bogillot a par ailleurs fait savoir sur Europe 1 que le laboratoire travaillait sur un autre vaccin contre le covid-19 basé, lui aussi, sur la technologie de l'ARN messager. 

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Felicia Sideris

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