Papillomavirus humains : inquiet, Emmanuel Macron veut accélérer la campagne de vaccination

Maëlane Loaëc avec Noëlle Ly (et AFP)
Publié le 8 décembre 2022 à 18h56
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

Depuis la Vienne, le président a alerté sur la faible couverture vaccinale des adolescents contre les papillomavirus humains, des infections sexuellement transmissibles pouvant entraîner des cancers.
"Un tiers des jeunes filles" et "moins de 10% des garçons" se font vacciner, a-t-il déploré.
Il s'est montré ouvert à une "vaccination obligatoire" sur le sujet.

"On est en retard là-dessus" : en déplacement dans la Vienne, Emmanuel Macron a concédé des lacunes au sujet de la sensibilisation des plus jeunes face aux papillomavirus, des infections sexuellement transmissibles qui peuvent être à l'origine de cancers, notamment celui du col de l'utérus. Le vaccin contre ces virus, administré en plusieurs doses, n'est pas obligatoire, mais seulement recommandé pour les adolescents de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible entre 15 et 19 ans. Et cette campagne patine, a déploré le chef de l'État, qui a dit "ne pas exclure qu’on aille vers la vaccination obligatoire quand tout cela sera installé et qu’on aura les bonnes recommandations"

"Un tiers des jeunes filles se font vacciner" contre les papillomavirus humains (HPV) et "moins de 10% des garçons" le font également, a-t-il regretté, lors d'une session du Conseil national de la refondation (CNR) consacrée à la santé des jeunes à Fontaine-le-Comte, près de Poitiers. 

Des chiffres semblant renvoyer, en ce qui concerne les adolescentes, aux dernières données de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) sur le sujet, relayés par le site de l'Assurance-Maladie. En 2019, 33% des femmes éligibles au vaccin avait reçu leur dernière dose en France, des résultats bien en deçà de ceux de nos voisins européens : quasi 50% en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas, et jusqu'aux alentours de 80% pour le Royaume-Uni, le Portugal, la Suède ou encore l'Espagne. 

"Si ses parents disent de ne pas se faire vacciner, ça peut être trop tard"

De son côté, Santé Publique France notait fin novembre 2022 que la couverture vaccinale des adolescentes de 15 à 18 ans est désormais estimée à 43,6% en France métropolitaine et à environ 19% en moyenne en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et à l'Île-de-la Réunion. L'agence de santé publique relevait une "amélioration" de la campagne vaccinale en 2021 dans ce bulletin épidémiologique, tout en regrettant "des niveaux modérés", en particulier chez les adolescentes les plus défavorisées.

Le gouvernement vise pourtant 60% de couverture vaccinale pour les adolescentes entre 11 et 19 ans dès l'année prochaine. "Il faut aller vite dans les 12 à 24 mois (à venir) sur ce sujet, car on est en retard là-dessus", a reconnu Emmanuel Macron, se joignant ainsi à l'appel à la vaccination lancée à plusieurs reprises par son ministre de la Santé François Braun, qui doit d'ailleurs s'exprimer ce vendredi. 

Quant aux garçons, la vaccination est également recommandée pour eux depuis le 1er janvier 2021. Mais d'après l'agence de santé publique, seuls 6% pour les garçons âgés de 15 ans avaient reçu une première dose au bout d'un an, au 31 décembre 2021. Un seuil n'ayant toujours pas franchi la barre des 10% à l'heure actuelle, a souligné Emmanuel Macron, alors que plus d’un tiers des cancers liés aux infections aux HPV touchent les hommes.

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"Pour un jeune, si ses parents disent de ne pas se faire vacciner, ça peut être trop tard", a par ailleurs mis en garde le président, appuyant sur "un énorme travail d’information à faire dès l’école", et disant vouloir "aller aussi vers les familles". La vaccination est en effet proposée pour les adolescents de 11 à 14 ans, mais si le coche est manqué, il est possible d'obtenir des doses de rattrapage entre 15 et 19 ans. Toutefois, le vaccin est plus efficace s'il est administré avant que les adolescents entament leur vie sexuelle et s'exposent au risque d'infection, note l'Assurance Maladie.

Au cours de la même session, Emmanuel Macron a plus largement estimé que "la santé sexuelle" des jeunes constituait "un vrai sujet", et annoncé la gratuité des préservatifs en pharmacie pour les jeunes de 18 à 25 ans, à compter du 1er janvier. 

Quant à l'éducation sexuelle, "nous ne sommes pas bons sur ce sujet", a-t-il concédé. "La réalité est très très loin de la théorie. On doit reformer beaucoup mieux nos enseignants sur ce sujet, on doit resensibiliser", a exhorté le chef de l'État, qui a par ailleurs affirmé "continuer le travail de dépistage".


Maëlane Loaëc avec Noëlle Ly (et AFP)

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