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Variant Omicron : pourquoi l'OMS appelle-t-elle à ne pas fermer les frontières ?

Felicia Sideris
Publié le 29 novembre 2021 à 17h31
JT Perso

Source : TF1 Info

CIRCULATION - L'OMS a regretté ce dimanche que plusieurs territoires, dont l'Union européenne, ferment leurs frontières aux voyageurs venus d'Afrique australe pour faire face au nouveau variant Omicron. On vous explique cette prise de position.

"Il n'y a pas de frontières pour le virus." C'est en ces mots quelque peu défaitistes que François Bayrou a réagi ce lundi 29 novembre à la décision prise par plusieurs pays de fermer leurs frontières. Interrogé sur Franceinfo, le président du MoDem et haut-commissaire au Plan a en effet estimé que la vraie solution "de fond" face au variant Omicron n'était pas celle-là, mais plutôt "la vaccination obligatoire". 

Il n'est pas le seul à décrier cette mesure radicale. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) en a fait de même. Ce dimanche, l'agence onusienne spécialisée dans la santé publique a ainsi appelé à ce "que les frontières restent ouvertes", en réaction aux restrictions de voyages vers et depuis les pays africains, qui se multiplient. Alors, cette mesure, est-elle totalement inefficace ? 

Efficace ... un certain temps !

Oui, à en croire les propos de certains spécialistes. À l'instar de Catherine Hill. Sur le plateau de LCI, l'épidémiologiste a relevé ce lundi que si cette solution pouvait fonctionner "en Australie parce que c'est une île", elle est "totalement illusoire" dans le cas de la France. Un mot qu'on retrouve dès février 2020 dans les pages de L'Express. Le professeur en santé publique Antoine Flahault décrivait déjà cette mesure comme "inefficace et illusoire". "Au moment où l'on instaure la fermeture des frontières, le virus s'est déjà diffusé suffisamment pour que cela ne soit pas efficace", expliquait-il.

INTERVIEW - Fermeture des frontières : est-ce-bien efficace ?Source : TF1 Info
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Comme le relevait le docteur en médecine, tout est en fait dans la temporalité. C'est en tous les cas les conclusions d'une étude parue dans la revue Nature en janvier 2021. En s'appuyant sur une série de travaux portant sur l'intérêt des interventions gouvernementales pour lutter contre l'épidémie, des chercheurs ont relevé que les "restrictions aux frontières" n'étaient utiles qu'un certain temps. Si elles ont permis "de réduire l'incidence environ dix jours après leur introduction, pour une durée d'environ deux semaines et demie", celles-ci "cessent" ensuite d'être "efficaces". 

Un "effet dissuasif"

Peu de bénéfices... Pour un certain nombre de risques ! Car si se barricader ne fait que retarder l'arrivée d'un variant, cette décision envoie par contre un très mauvais message. Elle provoque un sentiment de "punition" chez les pays qui détectent un variant. Ce qui pourrait créer, sur le long-terme, "un effet dissuasif", comme l'a souligné le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

Même constat du côté de l'OMS. Dans un communiqué, l'agence a salué la "rapidité et la transparence avec lesquelles les gouvernements d'Afrique du Sud et du Botswana ont informé le monde de ce nouveau variant". Un "courage" de la part de ces pays qui ne va pas de soi. Selon la docteure Matshidiso Moeti, directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, "il est crucial que les pays qui sont transparents avec leurs données soient soutenus". "C'est le seul moyen de s'assurer que nous recevons les données importantes en temps opportun."

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En somme, si "les restrictions de voyage pourraient contribuer à réduire légèrement la propagation" du nouveau variant baptisé Omicron, elles font surtout "peser un lourd fardeau sur les vies et les moyens de subsistance", pour reprendre le résumé de l'OMS.

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