Variole du singe : la crainte d'une nouvelle épidémie

Variole du singe : ce qu'il faut savoir sur la vaccination, bientôt ouverte aux cas contacts à risque

Idèr Nabili
Publié le 25 mai 2022 à 18h17, mis à jour le 26 mai 2022 à 11h10
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Source : JT 20h WE

Sept cas de variole du singe ont été repérés en France.
Pour éviter une flambée épidémique, la Haute autorité de santé a recommandé au gouvernement d'ouvrir la vaccination aux cas contacts à risque.
Quel est ce vaccin ? Qui pourrait y avoir accès ? Quid des doses ? On fait le point.

Après la vaccination contre le Covid-19, place à celle contre la variole du singe. Mardi, la Haute autorité de santé (HAS) a préconisé au gouvernement de vacciner les cas contacts à risque des personnes contaminées par le virus, afin de limiter au maximum la diffusion du "monkeypox", repéré aux quatre coins du monde. Ce mercredi, la nouvelle ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, a confirmé que le gouvernement suivrait la recommandation de la HAS.

"Nous avons sept cas avérés en France", a-t-elle déclaré. "Nous n'attendons pas de flambée de la maladie", mais "nous prenons les précautions qui s'imposent [...] Des recommandations ont été apportées, pour repérer, détecter, et ensuite isoler." Dès lors que "la préconisation" des autorités de santé sur la vaccination des personnes en contact avec la maladie "sera établie", "nous (serons) prêts", a-t-elle assuré sur RTL.

Quel est ce vaccin ?

Si la variole du singe n'est pas une maladie émergente, aucun traitement ou vaccin n'a été développé. En revanche, le vaccin contre la variole classique, éradiquée il y a quatre décennies, existe. Dans sa recommandation, la HAS précise d'utiliser "le vaccin de troisième génération, au vu de son profil de tolérance, meilleur que celui des vaccins de première et deuxième génération, et de son efficacité", estimée à 85% contre la variole du singe.

L'autorité publique souligne qu'il s'agit d'un "vaccin vivant non réplicatif dans l'organisme humain", autorisé en Europe depuis 2013. À l'instar du Covid-19, deux doses sont nécessaires pour conférer une protection maximale, injectées à 28 jours d'intervalle. "Ce vaccin est autorisé uniquement à partir de 18 ans" car il "n'a pas été évalué dans la population pédiatrique", écrit la HAS. Les femmes enceintes ou allaitantes doivent également éviter son utilisation compte tenu des "données limitées" les concernant.

Qui est concerné ?

Tous les adultes ne sont pas concernés par cette vaccination. Celle-ci restera même très limitée. "Il s'agira de vaccination ciblée, on ne parle pas de vaccination totale", a insisté Brigitte Bourguignon. Car la Haute autorité de santé, dont les avis ont été suivis par le gouvernement durant la pandémie de Covid-19, recommande de ne s'adresser qu'aux cas contacts à risque des malades de la variole du singe.

Or, pour être considéré comme tel, il faut avoir eu un "contact physique direct [...] avec la peau lésée ou les fluides biologiques" d'un malade. Partager des ustensiles de toilettes avec une personne contaminée ou être en contact avec des vêtements, de la literie ou de la vaisselle sale utilisés par le patient figurent aussi parmi les critères. En cas d'absence de contact physique, seuls les "contacts non protégés, à moins de deux mètres, pendant trois heures" sont considérés comme à risque, précise la HAS.

Quid des stocks ?

"Depuis l'éradication de la maladie en 1977, on ne vaccine plus contre la variole", rappelait ces derniers jours auprès de TF1info le Dr Benjamin Rossi, infectiologue. Mais des stocks stratégiques de vaccins existent toujours "en cas de résurgence" de "l'une des maladies les plus mortelles de l'histoire de l'humanité". "Les stocks sont là, nous avons des stocks stratégiques", a insisté ce mercredi Brigitte Bourguignon. "Ils sont parfaits pour l'instant, je ne peux pas vous en dire plus", a-t-elle encore déclaré après une visite au sein de la cellule d'intervention biologique d'urgence de l'institut Pasteur.

Dans son "plan national de réponse à une menace de variole", daté de 2003, le ministère de la Santé indiquait que le pays comptait plus de 78 millions de doses en stock, de quoi vacciner l'ensemble de la population adulte. Mais il s'agissait alors des vaccins de première et deuxième génération, pas celui que recommande aujourd'hui la HAS. Combien la France en compte-t-elle désormais ? Le chiffre n'est pas public. "Les vaccins contre la variole appartenant au stock stratégique, le nombre de doses disponibles est une donnée classifiée", explique la Direction générale de la Santé (DGS) à TF1info. "La France participe par ailleurs à des discussions européennes sur la constitution de stocks et achats communs", nous précise encore la DGS.


Idèr Nabili

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