Variole du singe : la crainte d'une nouvelle épidémie

Variole du singe : symptômes, cas, vaccins... Ce qu'il faut savoir sur l'épidémie

Idèr Nabili
Publié le 26 juillet 2022 à 12h29
JT Perso

Source : TF1 Info

Les cas de variole du singe sont en hausse en France.
D'après le Pr Éric Caumes sur LCI, le monde entre dans une "nouvelle pandémie".
Pour y faire face, les personnes à risque sont invitées à se faire vacciner. Voici ce qu'il faut savoir.

La France à nouveau confrontée à une épidémie. Alors que la septième vague de Covid-19 est entrée dans sa phase descendante, un autre virus inquiète : la variole du singe. Cette maladie a été classée ces derniers jours comme une urgence de santé publique de portée internationale par l'Organisation mondiale de la santé, son plus haut niveau d'alerte, jamais déclenché depuis le Covid-19.

Combien de cas en France ?

D'après Santé publique France, au 21 juillet, 1567 cas ont été enregistrés en France, dont près de la moitié en région parisienne. "Il y avait 500 cas début juillet", indiquait lundi sur LCI le Pr Éric Caumes, infectiologue à l'hôpital Hôtel-Dieu (Paris). "En l'espace de quinze jours, les contaminations ont triplé."

L'immense majorité des personnes contaminées sont des hommes de plus de 18 ans, rapporte l'agence sanitaire. "Les cas adultes ont un âge médian de 36 ans", précise Santé publique France dans son dernier point de situation. D'après le Pr Caumes, "98% des personnes atteintes sont des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et à partenaires multiples", même si la variole du singe n'est pas considérée comme une maladie sexuellement transmissible, et peut toucher tout le monde.

Comment le virus se transmet-il ?

"Le virus de la variole du singe peut être transmis par contact direct avec les lésions cutanées ou les muqueuses d'une personne malade, ainsi que par les gouttelettes (salive, éternuements, postillons...)", explique Santé publique France. Il est aussi possible d'être contaminé "au contact de l'environnement du malade", comme les vêtements, la literie ou la vaisselle. En Afrique, dans les pays dans lesquels le virus est endémique, "l'homme peut aussi s'infecter au contact d'animaux tels que les rongeurs ou les singes".

En revanche, on ignore si le virus peut se transmettre par le sperme et, si oui, combien de temps. Par précaution, le Centre européen de contrôle des maladies recommande ainsi d'utiliser un préservatif douze semaines après la guérison.

Quels sont les symptômes ?

Les principaux symptômes demeurent les éruptions cutanées, parfois à plusieurs endroits du corps. Celles-ci sont "faites de vésicules remplies de liquide qui évoluent vers le dessèchement, la formation de croutes, puis la cicatrisation". De la fièvre, des maux de tête, des douleurs musculaires aiguës, une fatigue inhabituelle, des ganglions lymphatiques enflés et douloureux au niveau de la mâchoire, du cou ou de l'aine ont également été constatés au début de l'infection.

La période d'incubation, c'est-à-dire le délai entre la contamination et le début des symptômes, peut durer jusqu'à trois semaines. La maladie guérit toutefois avec le temps, sans hospitalisation dans la grande majorité des cas. Pour l'heure, aucun décès n'a été enregistré en France, le virus étant surtout dangereux chez les enfants et les personnes immunodéprimées.

Quid de la vaccination ?

Pour limiter la propagation du virus, les autorités ont lancé une campagne de vaccination préventive à l'aide d'un vaccin de troisième génération contre la variole "classique". Malgré l'éradication de cette maladie, la France dispose de stocks en cas de menace biologique. D'après des informations confirmées à TF1info, 30.000 doses ont été déstockées dans le pays, dont 20.000 déjà sur le terrain.

Deux doses étant nécessaires pour conférer la protection maximale (une seule pour les personnes vaccinées contre la variole dans leur enfance), elles permettent théoriquement à 15.000 personnes de recevoir un schéma vaccinal complet. "Le déstockage de doses se poursuivra dans les prochaines semaines autant que nécessaire", nous indique la Direction générale de la Santé.

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Tout le monde n'est toutefois pas invité à recevoir ces injections. Seules "les personnes ayant eu un contact à risque avec un malade", "les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes rapportant des partenaires sexuels multiples", "les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples", "les travailleurs du sexe", "les professionnels exerçant dans des lieux de consommation sexuels" et "les professionnels de santé amenés à prendre en charge les personnes malades" peuvent se faire vacciner, détaille Santé publique France. Pour les accueillir, plus de 110 centres sont ouverts partout sur le territoire, dont un vaccinodrome à Paris.


Idèr Nabili

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