Maltraitance dans les Ehpad : le scandale Orpea

"Des AVC ont été découverts 48 heures plus tard" : les Ehpad Korian à leur tour visés par des plaintes

TF1info | Reportage vidéo : Julien Cressens, Benoît Christal, et Sébastien Maloiseaux
Publié le 8 juin 2022 à 15h50
JT Perso

Source : TF1 Info

Le groupe d'Ehpad Korian est à son tour dans le viseur, après son concurrent Orpéa, chez qui des perquisitions viennent d'être menées.
Le membre d'une des familles de résidents qui ont porté plainte pour maltraitance témoigne auprès de TF1.

"Mise en danger de la vie d'autrui", "non-assistance à personne en danger" et "homicide involontaire". Les faits dénoncés par les trente plaintes sont graves. Déposées auprès de douze parquets distincts, elles émanent de dix-huit familles de résidents et visent différents Ehpad gérés par le groupe Korian où ceux-ci étaient hébergés. C'est l'avocate Sarah Saldmann, déjà à l'origine du dépôt de 80 plaintes contre le groupe concurrent Orpéa, qui a annoncé cette nouvelle salve.

"Il n'avait pas de douche, je suppose qu'il était lavé au gant", témoigne dans le reportage de TF1 ci-dessus Emmanuel, à propos de son père André, hébergé entre 2017 et 2018 dans un établissement Korian des Yvelines. "Quand on donne à boire à son père et qu'il boit plusieurs verres d'affilée parce qu'il semble déshydraté", poursuit-il scandalisé, "ce n'est pas agréable". Emmanuel, qui a retiré son père de l'établissement, fait partie des proches qui ont choisi de porter plainte contre le groupe 

Des AVC non détectés, et des cas de dénutrition

"Dans les cas les plus graves, il y a des AVC qui ont été découverts 48 heures plus tard", dénonce l'avocate Sarah Saldmann, à l'origine du dépôt de plaintes contre Korian. "Il y a aussi des cas de dénutrition", poursuit-elle, "c'est-à-dire des personnes qui n'ont pas été suffisamment alimentées"

Moi, je ne mettrai jamais mes parents en maison de retraite !

Une passante

Les charges contre les Ehpad s'accumulent, depuis la publication du livre-enquête "Les Fossoyeurs" en janvier dernier, où le journaliste Victor Castanet disséquait le fonctionnement du groupe Orpéa. De quoi aggraver la défiance envers ces établissements où l'on redoute de devoir faire admettre un jour ses parents, ou d'y être accueilli soi-même. "Moi, je ne mettrai jamais mes parents en maison de retraite", assure une passante dans le reportage de TF1. "Ça demandera du sacrifice de ma part", résume-t-elle, "mais je ne ferai pas aux autres ce que je ne voudrais pas qu'on me fasse".

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Le groupe Korian se veut surpris par ces accusations, et nie pour l'instant toute négligence, assurant que les familles concernées avaient les moyens d'alerter les Ehpad. "Il y a un échange permanent entre le chef d'établissement et la personne chargée par la famille de maintenir le dialogue", affirme Emmanuel Daoud, l'avocat du groupe, qui explique qu'à défaut, "il peut y avoir également un médiateur indépendant". Pourtant, certains des proches de résidents qui saisissent aujourd'hui la justice disent avoir signalé des défaillances à plusieurs reprises, sans succès.


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