Fausse couche : un congé pour les deux parents... la France pourrait-elle suivre l'exemple belge ?

par Sabine BOUCHOUL | Chronique : Benjamin MULLER
Publié le 13 mai 2024 à 10h30

Source : Bonjour !

La Belgique a mis en place un "congé fausse couche" pour les deux parents.
Il s'agit d'une vraie révolution puisque pour la première fois, la douleur de l'autre.
Benjamin Muller nous explique ce que cela change dans Bonjour ! La Matinale TF1

La fausse couche désigne une interruption involontaire de grossesse. Les médecins considèrent qu’environ 10 à 15 % des grossesses identifiées se terminent en fausses couches. La perte du fœtus est, pour beaucoup de femmes et pour les couples, un véritable drame. La Belgique est le premier pays européen, à mettre en place un congé de circonstances en cas de fausses couches. Les explications de Benjamin Muller dans Bonjour ! La Matinale TF1

Fausse couche : la Belgique montre l’exemple

Une première en Europe. Le 3 mai dernier, le Conseil des ministres belge a adopté une loi autorisant un congé de circonstances qui permet d’octroyer deux jours de congés pour les fonctionnaires fédéraux en cas de fausse couche. Ce congé est valable lorsque la fausse couche intervient avant 24 semaines, délai durant lequel le fœtus est considéré comme viable. Au-delà, les parents ont droit aux congés de maternité ou parental. 

Avec cette loi, les deux parents ont la possibilité de prendre un congé, c’est là, la révolution. De ce fait, le gouvernement belge est le premier à reconnaître la douleur de l’autre. Pour Petra de Sutter, ministre de la Fonction publique belge, elle-même gynécologue de formation : "Une interruption de grossesse est difficile. S’il s’agit d’un couple, cette douleur s’applique aussi au partenaire".

Quid de la France ?

La loi française autorise les femmes à prendre un arrêt-maladie sans délai de carence en cas de fausse couche, mais il concerne uniquement les femmes et pas les partenaires qui reprennent immédiatement le travail. Lorsqu’une femme se rend aux urgences en cas de fausse couche, la plupart du temps, on leur annonce que la grossesse est terminée et elles sont invitées à rentrer chez elles, sans plus d’accompagnement. Trop souvent, les femmes ne prennent pas le délai de carence malgré le drame qu’elles traversent. Sandra Gloria Lorenzo, victime d’une fausse couche témoigne, "le médecin m’a annoncé l’arrêt de la grossesse et m’a laissé un peu comme ça. Je suis rentrée chez moi, et le lendemain, j'étais au travail. Mon corps allait s’occuper de ça, et moi, j'allais faire en sorte de continuer à travailler et à continuer ma vie". L’autrice du livre "Une fausse couche comme les autres" et cofondatrice du collectif Fausse Couche, poursuit : "C’est extrêmement angoissant et traumatisant".

La fausse couche, encore un tabou ?

On parle très rarement de ces interruptions de grossesse, pourtant d’après le ministère de la Santé, une femme sur quatre fera une fausse couche dans sa vie. Toujours d’après les données du ministère, on compte 200 000 fausses couches chaque année. Et pendant longtemps, ce sujet est resté tabou. Les femmes traversaient cette épreuve chez elles, seules et n’en parlaient qu’à leur partenaire et passaient à autre chose. Depuis quelques années, les choses changent grâce aux nombreuses prises de parole. Par ailleurs, pour permettre une évolution dans le bon sens, les associations et collectifs recommandent de ne plus parler de fausse couche, mais d’interruption involontaire de grossesse. Ce changement de terminologie est plus près de la réalité, car il n’y a rien de faux dans le fait de perdre un embryon ou un fœtus, surtout si les futurs parents se sont déjà projetés. Autre recommandation : que le corps médical cesse de considérer cette interruption comme une banalité, même si pour les médecins, c’est banal puisque les urgences reçoivent chaque jour des femmes qui subissent ces fausses couches. Cependant, pour les femmes, c’est un drame et elles ont besoin de bienveillance. Troisième recommandation : mieux considéré les partenaires et pourquoi pas suivre l’exemple belge.


Sabine BOUCHOUL | Chronique : Benjamin MULLER

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