Nous vivons dans une société qui avance à mille à l'heure. Chaque jour, les tâches se succèdent, que ce soit au travail ou à la maison.
Pour beaucoup, le bonheur se résumerait à trois mots : "ne rien faire". Pourtant, lâcher prise n'est pas chose aisée.
Benjamin Muller nous explique ce qui nous empêche de glandouiller dans Bonjour ! La Matinale TF1.

Procrastiner, flâner, traîner, musarder, fainéanter, paresser, glandouiller. La langue française regorge de verbes et d’adjectifs pour décrire l’art… de ne rien faire. Pourtant, se rouler les pouces n’est pas donné à tout le monde. Selon un sondage Ipsos réalisé en 2023, huit Français sur dix estiment avoir besoin de souffler plus souvent et de lâcher prise. Alors qu’est-ce qui coince ? Les explications de Benjamin Muller dans Bonjour ! La Matinale TF1.

La performance avant tout

Avez-vous déjà passé un moment sans rien faire ? Imaginez, le repas est fini, la vaisselle est faite, les enfants ont fait leurs devoirs, il est 16 heures, un dimanche. Vous avez une fenêtre de repos devant vous. Vous n'avez plus qu'à vous installer confortablement dans votre canapé et c'est tout. Pour certains, ne rien faire, semble être une certaine idée de bonheur, en revanche pour beaucoup, c’est mission impossible. Les psychologues relèvent trois obstacles à l’oisiveté. Tout d’abord le besoin de performance. Notre société actuelle favorise et encourage les individus à rester actif et performant. Le deuxième frein est l’angoisse. Lorsque l’on est actif et toujours en mouvement, on s’empêche de penser. Et, dès lors que l’on n'a rien à faire, toutes les pensées remontent à la surface, ce qui peut être une source de stress, surtout si l’on a tendance à "l’overthinking". Enfin, l’addiction à l’adrénaline. L’action provoque des shoots d’adrénaline qui font du bien et qui suscite un état de manque lorsqu’on ne fait rien.  

Comment apprendre à être paresseux

"Je suis un traînard, un mec qui traîne. C’est ce que j’aime le plus dans la vie". Jean-Pierre Marielle pourrait être le porte-parole de la glandouille. Et le comédien a bien raison. Les hypnothérapeutes conseillent dix minutes de fainéantise par jour. Lors de ces dix minutes, on ne fait rien. On laisse le téléphone de côté, on ne se fixe pas d’objectif, on lâche prise. Ce temps, consacré à l’oisiveté, est conseillé pour les adultes, mais aussi pour les enfants qui sont constamment sur-stimulés et qui ne savent plus s’ennuyer. Or, ces temps sont importants, car pour les plus petits, c’est le moment où ils ont la possibilité de développer leur imagination et la créativité.  

Les Pays-Bas, le modèle à suivre

L’art de ne rien faire a été théorisé par les Néerlandais sous le nom de Niksen. C’est l’équivalent du Hÿgge chez les Danois. Pratiquer le Niksen, c’est prendre du temps pour soi, s’accorder des parenthèses, sans culpabiliser. Il s’agit "simplement" de fermer les yeux, s’allonger sur le canapé, écouter de la musique, mais sans but particulier ou regarder par la fenêtre. Pendant ce temps, on ne scrolle pas sur son téléphone, on ne répond pas aux mails et on ne remonte pas le fil Instagram pour savoir ce que font les autres. L’idéal est de s’accorder ces petites pauses plusieurs fois par jour entre deux tâches pour permettre à son cerveau de faire une pause. Et d’ailleurs, c’est souvent lorsque l’on ne fait rien qu’émergent les bonnes idées !


Sabine BOUCHOUL | Chronique : Benjamin MULLER

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