VIDÉO - Trois questions sur ce virus développé en Chine qui inquiète les scientifiques

par I.N
Publié le 19 janvier 2024 à 16h38

Source : TF1 Info

Des scientifiques chinois ont fait muter un coronavirus de pangolin pour l'injecter à des souris possédant les mêmes récepteurs que les humains.
Toutes sont décédées en raison de "la charge virale dans leur cerveau".
Une recherche qui inquiète.

Un virus, un pangolin, un laboratoire en Chine... Des chercheurs de l'Université de technologie chimique de Pékin ont publié des pré-résultats (ce qui signifie qu'ils n'ont n'a pas été relus par la communauté scientifique) sur une étude autour d'un coronavirus issu d'un pangolin.

Après l'avoir sélectionné, ils l'ont ensuite fait muter pour lui donner plus de virulence. Ils ont alors injecté ce virus GX_P2V à des souris, et le résultat est sans appel : 100% de mortalité. Toutes sont décédées en raison d'une augmentation de "la charge virale du virus dans le cerveau".

Peut-il être transmis aux humains ?

Ce coronavirus mortel a de quoi inquiéter, car selon les scientifiques, une contamination de GX_P2V à l'être humain n'est pas impossible. En cause ? Les souris décédées durant l'expérience possédaient les mêmes récepteurs sur leurs cellules que les Hommes. "C'est la porte d'entrée dans les cellules humaines", explique Bruno Canard, directeur de recherche au CNRS, dans les colonnes du Figaro. "Un virus qui aura la clé pour agripper ce récepteur pourra contaminer des êtres humains."

Reste que la contagiosité de ce virus - qui n'a pas été transmis aux humains à ce jour - demeure assez faible. Mais "les caractères de contagiosité peuvent apparaître naturellement", prévient Bruno Canard. C'est notamment ce qu'il s'est produit pour le Covid-19, puisque les différents variants n'ont pas tous le même degré de contagiosité.

Pourquoi un laboratoire a-t-il développé un tel virus ?

Plusieurs scientifiques regrettent qu'un laboratoire se soit permis de développer un tel virus, quatre ans après une pandémie qui a fait des millions de morts et placé la planète à l'arrêt. "Ce n'est pas une science responsable", fustige François Balloux, professeur de biologie informatique, dans les colonnes du New York Times. "Je ne vois rien de vaguement intéressant à tirer de l'infection forcée [...] de souris par un virus aléatoire. À l'inverse, je pourrais imaginer tout ce qui pourrait mal tourner."

L'hypothèse militaire a été placée sur la table. Parmi les auteurs de cette étude se trouve Yigang Tong, formé à l'Académie chinoise des sciences médicales militaires. "Si de telles manipulations sont liées à des projets d'armes biologiques, c'est particulièrement inquiétant", s'alarme Bruno Canard dans Le Figaro. "La balance entre les enseignements scientifiques et le potentiel extrêmement dangereux de ces manipulations est très défavorable." Les chercheurs, eux, justifient leur action par la volonté de se préparer en cas d'apparition d'un virus très dangereux.

Où a-t-il été développé ?

Une question reste en suspens : où ce virus a-t-il été développé par les scientifiques ? Dans la logique des choses, un laboratoire de haute sécurité, qui a été pointé du doigt pendant l'épidémie de Covid-19, permet aux chercheurs de travailler sur les virus les plus pathogènes : le laboratoire de virologie P4 de Wuhan. Or, initialement, le coronavirus de pangolin utilisé dans cette étude n'était pas si pathogène avant de muter. Ce qui sème le doute sur son lieu de développement.

"Aucune information n'est donnée sur le niveau de sécurité du laboratoire dans lequel ont eu lieu ces manipulations", déplore Bruno Canard. "L'idée que ce virus puisse s'échapper est donc tout à fait crédible."


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