La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

Covid-19 : l'oxymètre, un "outil malin" pour se rassurer quand on est testé positif

Audrey LE GUELLEC
Publié le 22 décembre 2021 à 18h32
JT Perso

Source : TF1 Info

CONSEIL - Si depuis le début de la pandémie certains patients se voient prescrire de petits appareils destinés à surveiller la respiration, il est aussi possible de s'en procurer sans ordonnance, en pharmacie voire en grande surface, "pour se rassurer".

Tout un chacun le sait désormais : les formes graves du Covid-19 peuvent commencer sans symptôme particulier. "Les patients nous appellent avec un tableau fébrile (toux, rhume...) en nous demandant : est-ce que ça va s'aggraver ? Est-ce que je vais être hospitalisé ? Est-ce que je vais étouffer ? Ils sont inquiets", témoignait ce mercredi sur LCI le Dr Serge Smadja, secrétaire général de SOS médecin, précisant prescrire régulièrement des oxymètres de poux. 

"Si vous voulez une astuce pour ne pas angoisser et vous rassurer, c'est la saturation qu'il faut surveiller, c'est-à-dire juste acheter ce petit appareil qu'on met au bout du doigt ça s'appelle un saturomètre", a abondé à ses côtés, le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP) à Paris et consultant TF1-LCI, affirmant lui aussi en prescrire en cette période.

"Un outil qui se banalise"

Inséré au bout du doigt, l’oxymètre de pouls est un petit appareil qui mesure la saturation en oxygène dans le sang. "Si vous êtes Covid positif, pas de panique dans 99% des cas ça se passera bien, surveillez votre saturation matin et soir et si elle baisse de plus de 4 ou 5%, globalement si vous descendez en dessous de 93-94%, c'est là où il vous faut rappeler votre médecin, c'est là qu'on fera un scanner pour vérifier qu'il n'y a pas une pneumopathie", détaille-t-il. Et de poursuivre : "vous pouvez l'acheter en pharmacie, ils sont équipés, et même en grande surface".

"Ce n'est pas un masque ou un autotest mais ça devient un outil qui se banalise un petit peu", analyse Gilles Bonnefond, président de l'Union des syndicats de pharmaciens d'officines (USPO), qui précise qu'"avant le Covid, on en avait jamais en stock".

Décrivant un outil "facile à utiliser", avec "une mesure fiable qui permet de voir l'état des poumons et l'efficacité du système respiratoire", le pharmacien estime que "pour des personnes fragiles, c'est assez malin de l'avoir" mais aussi pour des "personnes covid positif qu'on maintient à domicile". Et d'insister : "On voit bien que c'est assez utile dans cette période de Covid car quand la saturation commence à chuter, il faut être en alerte, ce n'est pas bon signe".

"Entre 20 et 30 euros"

Dans certaines pharmacies, l'engouement se confirme alors que le nombre de cas est en constante hausse en France. "On est revenu au même niveau de vente que la troisième vague, c'est à dire l'hiver dernier", nous explique Martial Fraysse, pharmacien à Fontenay sous Bois et membre de l'académie nationale de pharmacie, estimant que "la hausse des ventes remonte à début décembre". Si la plupart des patients qui viennent se procurer ces appareils les achètent "entre 20 et 30 euros, certains modèles ayant avec alarmes", d'autres les louent. "Le plus souvent c'est pour de la surveillance en oxygénation, notamment en sortie d'hôpital", nous précise le pharmacien, l’accès à ce dispositif étant remboursé par l’assurance maladie depuis le 24 avril selon un tarif réglementé sur prescription médicale à savoir "3 euros pour le forfait hebdomadaire."

Cette prescription valable pour une semaine est renouvelable une fois si nécessaire précise, l'Union de syndicats de pharmaciens d'officine soulignant qu'elle s'adresse à des patients "manifestant des signes respiratoires, sujets aux formes graves, avec facteurs de risque et/ou âgés de 65 ans et plus".

En mars 2020, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) avait pressé les pays à travers le monde à s'approvisionner en dispositifs médicaux d'assistance respiratoire pour faire face à la pandémie. "Tous les pays devraient s'équiper en oxymètre de pouls et en appareils d'assistance respiratoire", avait averti à l'époque l'organisation, estimant qu'il s'agissait d'un "outil important pour le traitement des patients atteints de la forme sévère de Covid-19".


Audrey LE GUELLEC

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