Covid-19 : le défi de la vaccination

Cinquième vague : "Il ne faut pas céder à la panique", assure l'infectiologue Karine Lacombe

La rédaction de LCI
Publié le 14 novembre 2021 à 9h37, mis à jour le 17 novembre 2021 à 14h45
JT Perso

Source : TF1 Info

L'essentiel

INTERVIEW - L'infectiologue Karine Lacombe était ce samedi l'invitée de Darius Rochebin sur LCI. Alors que le nombre de nouveaux cas est en forte hausse, la professeure se veut rassurante, affirmant que pour le moment, les hôpitaux sont aptes à gérer cette nouvelle vague.

Les chiffres de contamination au Covid-19 sont ce samedi en très forte hausse. Dans son dernier bilan, Santé Publique France dénombre 14.646 nouveaux cas en 24h. Si cela s'explique en partie par un rattrapage dû au jeudi férié et au moindre nombre de tests réalisés ce jour-là, l'infectiologue Karine Lacombe, invitée ce samedi sur LCI, estime que d'autres facteurs entrent aussi en jeu.

 "C'est le signe qu'on rentre dans l'hiver", explique-t-elle. La cheffe de service à l'hôpital Saint-Antoine justifie aussi ce rebond par le non-respect des gestes barrières, tels que le port du masque, le lavage des mains ou encore l'aération des pièces.

Pour autant, Karine Lacombe rassure en insistant sur le fait que pour le moment, les courbes de contaminations et d'hospitalisations, notamment en soins critiques, sont en "décorrélation", contrairement à certains pays où le taux de vaccination est faible, comme l'Ukraine ou la Russie où seule 19,5% et 35% de la population est complètement vaccinée.

Avec 1200 des 5000 lits de réanimation occupés par des patients Covid, l'infectiologue note bien une "reprise progressive des hospitalisations en réanimation", mais considère que cela n'a "rien d'étonnant". "Quand on a une explosion du nombre de contaminations, mathématiquement et même si on a beaucoup moins d'admissions en réanimation, on a une augmentation", explique-t-elle.

Trois profils de patients à l'hôpital

Dans la section Covid de son service de l'hôpital Saint-Antoine, à Paris, Karine Lacombe dit rencontrer trois profils de patients différents. "Il y a les anti-vax, sur lesquels aucun argument n'agit et qui sont opposés à n'importe quel type de traitement qu'on pourrait leur proposer. Il y a aussi les personnes pas vaccinées par négligence ou parce que c'est trop compliqué. Nous avons par exemple beaucoup de personnes âgées que l'on n'est pas allés chercher chez elles et qui n'ont pas forcément saisi l'importance de se faire vacciner. Et puis il y a des personnes en situation de fragilité qui, malgré les deux injections, n'ont pas développé les anticorps qui les auraient protégées", indique-t-elle. 

Selon l'infectiologue, avant de contraindre les non-vaccinés à rester confinés, comme cela a été décidé en Autriche, "on a beaucoup plus intérêt à continuer ce travail d'aller vers les plus fragiles, les plus vulnérables et ceux qui ont le moins accès à la vaccination".

Si l'infectiologue considère, alors que la pandémie flambe à nouveau en Europe qu'"aucun pays ne pourra s'en sortir sans les autres" et qu'il est nécessaire d'adopter une politique commune plutôt que d'avancer chacun "en ordre dispersé", elle insiste sur le fait qu'"il ne faut pas céder à la panique". "Pour l'instant nous faisons face, si tant est que l'on n'ait pas à fermer de lits par manque de personnel", dit-elle tout en appelant à faire davantage d'efforts sur la prévention et la vaccination. "Le seul paramètre qui fait la différence entre les pays, c'est le taux de vaccination", fait-elle remarquer, carte à l'appui.