HÔPITAL – Parmi les patients actuellement en réanimation figurent de nombreuses personnes ayant refusé de se faire vacciner. Certaines émettent des regrets quand d’autres persistent dans leur opinion, comme le montre cette séquence d'un reportage de "Sept à Huit".

Certains ne sont pas anti-vax, mais ont souvent par peur retardé l'échéance. D'autres ne croient pas à la protection vaccinale. Cette population non-vaccinée est aujourd'hui largement surreprésentée dans les services de réanimation des hôpitaux. Selon la Société française d'anesthésie et de la réanimation, ils constitueraient 80% des cas de Covid en réanimation.

Mais si certains changent d’avis en étant confrontés directement au virus, ce n’est pas le cas de tous. À l'hôpital de Chambéry, où se rend une équipe de l'émission de TF1 "Sept à Huit" dans la vidéo en tête de cet article, 100% des lits Covid sont occupés par des non-vaccinés. C’est le cas de Chantal. Cette ancienne institutrice de 69 ans est hospitalisée depuis le 30 décembre. Elle et son mari, Michel, pensaient échapper au virus en évitant les comportements à risque et en augmentant leur consommation de vitamine D, ce qui n’empêche en fait en rien d’être contaminé. 

Mais le Covid ne les a pas épargnés. Quelques jours après que Chantal a contracté la maladie, Michel commence à avoir des courbatures. "Des courbatures horribles au niveau musculaire, osseux… mais a priori, mon corps a fait le boulot de défense", se félicite-t-il. Ce ne fut pas le cas de sa femme. 

Si elle n’a jamais été placée dans le coma, elle éprouve encore des difficultés à respirer et reçoit des apports d’oxygène. Pour autant, Michel refuse toujours catégoriquement la vaccination. "Moi, c’est sûr", affirme-t-il, doutant sur le fait que sa femme aurait même pu éviter l’hospitalisation si elle avait été vaccinée. "Je ne sais pas. C’est pour ça que j’attends que les chercheurs fassent le boulot, mais en tant que chercheurs, et qu’ils ne soient pas influencés par la raison d’État", dit-il.

"J’avais choisi de ne pas me vacciner. Je ne suis pas anti-vax mais là, j’étais pas sûre du vaccin… ", explique de son côté la presque septuagénaire. "Là je me vaccinerai la prochaine fois. Enfin je pense. Je crois que ça serait nécessaire…" Elle rejette cependant, en tant que non-vaccinée, tout sentiment de culpabilité envers le travail des soignants. 

"Pourquoi je serai coupable ? Coupable de quoi ? Coupable d’être malade ?", interroge-t-elle, "c’est la première fois que je suis hospitalisée. C’est méchant de dire qu’on occupe les hôpitaux parce qu’on n'est pas vacciné, c’est inadmissible même".

Un discours difficilement entendable pour des soignants très sollicités depuis deux ans par la crise sanitaire. "Madame est en train de passer le cap, elle a beaucoup moins d’oxygène", admet avec lassitude Claire, l’infirmière de Chantal."C’est pour certains qui ne passent pas le cap, qu’on doit intuber. C’est des gens qu’on va garder des mois et des mois. Il y a des nuits, on les laisse seize heures sur le ventre, on voit même pas leur visage. Ça, on est épuisés".


La rédaction de TF1info

Tout
TF1 Info