DÉCRYPTAGE - Une nouvelle vague de l'épidémie de Covid-19 submerge le monde, portée par Omicron. Pourtant, le déferlement du variant pourrait paradoxalement constituer la première pierre vers une normalisation de la situation. Le 20H de TF1 vous explique.

Et si c'était le début de la fin... de la crise. D'abord apparu en Afrique australe, où il a généré une poussée épidémique spectaculaire avant de retomber tout aussi rapidement, le variant Omicron du Covid-19 est rapidement devenu majoritaire en France et dans plusieurs pays européens. Il intervient dans un contexte où les systèmes de santé sont déjà mis à rude épreuve à cause du Delta, faisant craindre le pire de par son extrême contagiosité.  

Pour autant, cette énième mutation, presque un nouveau virus, pourrait être porteuse d'espoirs. Au Danemark, pays particulièrement touché par l'expansion d'Omicron, l'heure est en tout cas à l'optimisme. "Omicron amène la fin de l’épidémie. Il va circuler dans les deux prochains mois puis j’espère que l’infection commencera à s’atténuer et que nous retrouverons notre vie normale", a affirmé l'épidémiologiste Tyra Grove Krause. Cette hypothèse séduisante s’appuie sur la très forte contagiosité du nouveau variant. Jamais en deux ans le virus n’aura entraîné autant de contaminations. Des infections plus nombreuses mais, vraisemblablement, moins graves qu’avec le Delta. Ce qui a amené lundi le ministre de la Santé Olivier Véran à lancer cette phrase empreinte d'un optimisme prudent devant les députés : "Peut-être est-ce le dernier variant, peut-être est-ce la dernière vague, peut-être que cette vague nous permettra d'acquérir une forme d'immunité".

Un virus plus contagieux mais moins virulent

Si les données restent encore fragiles, elles tendent toutes dans cette direction. Ainsi, l'agence sanitaire britannique a récemment observé que les personnes contaminées avec Omicron ont entre 50 et 70% moins de risque de développer une forme grave que celles touchées par Delta. En effet, le nouveau virus a tendance à toucher les voies aériennes supérieures et moins fréquemment les voies pulmonaires. La durée d'hospitalisation et la dose d'oxygène nécessaire pour ventiler les patients sont également réduites. "Le virus ne se comporte plus exactement comme l'ont fait tous les autres jusqu'à présent", a résumé sur LCI Bruno Lina, virologue et membre du Conseil scientifique.

Les nouveaux variants, l'incertitude qui peut tout changer

Malgré tout, le faible taux de vaccination d'une partie du globe rende la suite des événements relativement incertaine. De nouveaux variants pourraient, en effet, émerger. "Omicron va supplanter Delta. Il va probablement conférer une immunité collective et donc on peut avoir quelques espoirs que la vague va s'éteindre, en tout cas en France. Reste le problème du tiers monde où on peut voir émerger de nouveaux variants", s'inquiète Pr Patrick Berche, membre de l'Académie nationale de médecine, dans la vidéo du 20H de TF1 en tête de cet article. 

"C’est quelque chose qui peut apparaître tous les six mois de manière totalement inattendue ou plus jamais. C’est vraiment le hasard", explique, de son côté, Étienne Simon-Lorière, virologue à l'Institut Pasteur. "On peut avoir à un moment donné un autre virus qui va arriver ailleurs et rebattre les cartes", a abondé Bruno Lina sur LCI. Mais même dans un tel cas de figure, si Omicron sert de base à de nouvelles mutations, alors la France devrait basculer vers un "virus saisonnier",  a-t-il souligné. 

Reste à tirer l'enseignement des épidémies passées. A la fin du 19ème siècle, une maladie respiratoire baptisée "Grippe Russe" avait duré cinq ans avant de s’éteindre brutalement. Quant à la grippe espagnole démarrée en 1918, elle a provoqué trois vagues meurtrières avant de devenir saisonnière. Son virus circule encore aujourd'hui chaque hiver.


M.G | Reportage TF1 C. Bayle, B. Lachat, O. Cresta.

Tout
TF1 Info